Avec la Banking Licence octroyée hier soir à la New National Commercial Bank Limited, une infime partie des graves problèmes générés par le démantèlement du système Dawood Rawat a été gérée. Cela n’a pas eu pour effet d’atténuer la colère des 24 135 détenteurs de police d’assurance sous le Super Cash Back Gold, des « law abiding citizens from all walks of life » mais emportés dans une arnaque au-dessus de tout soupçon. Mais des sources bien informées avancent que les séquelles du tsunami BAI se feront sentir davantage au fur et à mesure que « the drama unfolds ».
Une première réaction négative est à craindre avec les révélations d’une augmentation des salaires de cinq directeurs de 100 % d’une année à l’autre alors que les affaires de la BAI battaient encore de l’aile. Les membres du personnel aussi bien que les clients du groupe en prendront bonne note. La prochaine étape de la mission quasi impossible confiée aux deux Conservators de BAI Co (Mtius) Ltd, André Bonieux et Mushtaq Oosman de PwC, risque d’être encore plus pénible que les décisions prises à ce jour. Entre-temps, des compagnies du défunt groupe Rawat, soit une bonne trentaine, font face aux pires difficultés de trésorerie avec les portes des institutions pour des facilités de crédits se fermant quasi automatiquement avec à partir de ce week-end, l’axe BAI Maurice/BAI Malte placé sous haute surveillance et également sous haute pression.
Une rapide lecture du bilan financier encore confidentiel de BAI Co (Mtius) Ltd au 31 décembre 2014 devra attiser davantage la colère des victimes de ce qui est considéré comme un Daylight Robbery. D’une année financière à l’autre, cinq directeurs de cette compagnie ont vu leurs salaires être doublés, soit passant de Rs 14,5 millions en 2013 à Rs 27,1 millions. Parmi ces directeurs l’on retrouve Seemadree Rajanah, qui a dû verser une caution de Rs 500 000, soit seulement le quart de la moyenne mensuelle des salaires, Oumeshsing Sookdawoor ou encore d’autres membres du clan Rawat. Les Audit Fees payés à la firme KPMG avaient également été majorés de Rs 2,3 millions à Rs 3,7 millions au cours de la même période.
En contrepartie, la performance de la Bramer Property Fund, l’Investment Arm du groupe BAI, était en baisse une nouvelle fois. « The total assets under management of the Fund as at 31 st December 2014 stood at MUR 4,2 billion (2013 : Rs 4,7 billion), thus accounting for a fall of 10,6 % ». Les experts-comptables ayant travaillé sur le bilan financier de ce fonds de placement pour l’exercice se terminant au 31 décembre 2014 n’ont pas voulu prendre de risques inutiles. « Following the appointment of Receivers for Bramer Banking Corporation Limited and of Conservators for BAI Co Ltd, the valuation of the investments in various companies may not be appropriate », font-ils ressortir dans une note confidentielle en date du 7 avril en faisant clairement état que les « financial statements of the Bramer Property Fund cannot be ascertained ».