Presque 58 semaines après l’écroulement de l’empire de Dawood Ajum Rawat avec l’opération « Daylight Robbery », l’un des premiers dossiers soumis par le Central CID à l’Office of the Director of Public Prosecutions (DPP) en vue de loger des charges formelles concerne celui des transferts bancaires de Rs 3,6 milliards de la Banque des Mascareignes. C’est ce que laissent entendre des sources bien informées, qui ajoutent que les dernières touches sont actuellement apportées au niveau des Casernes centrales. La principale prévenue dans cette affaire n’est nulle autre que l’ancienne directrice générale de la Banque des Mascareignes, filiale de la BPCE de France, la Réunionnaise Nelly Jirari, au moment des faits incriminés le 31 décembre 2009. Trois autres cadres de cette banque commerciale, dont Mehdi Ackbarally, Corporate Manager, Unmole Lobine, adjoint au Corporate Manager, et Jean-Jacques Fung pourraient se retrouver sur le banc des accusés dans ce premier procès au criminel susceptible d’être initié formellement dans le scandale de « BAI-Ponzi Like Scheme », avec un préjudice de Rs 25 milliards selon le compte de la Banque de Maurice.
Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien indiquent que le Central CID a pris la décision de traiter en priorité l’enquête sur cette affaire frauduleuse relevant du Banking Act pour deux raisons principales. D’abord, la suspecte N° 1 est une ressortissante française, privée de tout déplacement à l’étranger et sous contrôle judiciaire, soit avec des inculpations provisoires depuis neuf mois déjà ; Ensuite, la teneur de cette transaction bancaire de Rs 3,6 milliards exécutée en 15 minutes avant la fermeture des banques ce 31 décembre 2009, constitue une opération de “window dressing” pour dissimuler le fait que le groupe BAI n’était pas en mesure de se conformer au “solvency test” sous l’Insurance Act. Techniquement donc, l’empire Rawat était déjà banqueroute. À cette date, le compte bancaire du groupe Rawat n’était que de Rs 1 000.