À une semaine de l’échéance pour le remboursement de la seconde tranche aux clients du Super Cash Back Gold, après l’écroulement de l’empire Rawat, les Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet, affichent la confiance. Un montant d’au moins Rs 3,9 milliards devra être disponible pour la mise à exécution de l’opération au 30 juin. C’est ce qu’a indiqué au Mauricien, ce matin, Mushtaq Oosman alors que les yeux des quelque 1 500 employés de la clinique Apollo-Bramwell, de Courts et d’Iframac, demeurent rivés sur la Tender Box contenant les Bids pour une éventuelle reprise des opérations de ces entités. Dans les jours à venir, les Special Administrators passeront à une nouvelle étape de leur mandat avec les procédures de saisie des biens immobiliers et autres investissements du groupe BAI dans des filiales et autres 137 compagnies identifiées. En effet, le délai pour le remboursement des réclamations déjà servies aux concernés devrait arriver à expiration à partir de cette semaine.
« Nous allons tout payer au 30 juin en ce qui concerne la seconde tranche du Super Cash Back Gold. » C’est la garantie donnée ce matin par le Special Administrator Mushtaq Oosman. En principe, une enveloppe de Rs 3,9 milliards est prévue pour être distribuée aux 7 846 détenteurs de 12 689 polices d’assurances sous ce One-Time Endowment Scheme à la base du Mega-BAI Ponzi Scheme, soit un maximum de Rs 500 000 par client.
À la fin de la semaine dernière, le National Property Fund a complété l’exercice de vérification de ces détenteurs de police d’assurance sous ce Super cash Back Gold en vue des versements dans les comptes respectifs. Les Special Administrators prévoient de participer à une séance de travail, demain, avec les représentants du National Property Fund en vue de définir les modalités et les arrangements mis en place pour le 30 juin. A ce stade, très peu d’indications sont disponibles quant aux moyens, qui seront déployés en vue de réunir le montant de Rs 3,9 milliards ou encore si la Banque de Maurice deviendra « the option of last resort » pour le Warehousing de la participation de BAI au sein de Britam (Kenya), évaluée à quelque Rs 4 milliards à ce jour.
Le remboursement de cette seconde tranche sera accompagné de l’émission de Zero-Coupon Debentures en vue de compléter les placements au-dessus du Cut-Off Point de Rs 500 000 des clients de BAI. Pour le repaiement de ces émissions obligataires d’un montant global de Rs 12,8 milliards, le National Property Fund disposera d’un délai allant jusqu’au 30 juin 2020. Toutefois, à chaque échéance du 30 juin à partir de l’année prochaine, le National Property Fund devra effectuer des remboursements de Rs 2,6 milliards annuellement.
Une autre étape majeure devra être franchie cette semaine avec le démantèlement du conglomérat Dawood Rawat. La date limite pour la soumission de Bids formels en vue du rachat de la clinique Apollo-Bramwell, de Courts et d’Iframac a expiré vendredi dernier. Sur la trentaine de repreneurs potentiels, au moins 23 enveloppes contenant des soumissions financières ont été déposées dans la Tender Box officielle. « Nous n’avons pas prévu d’ouvrir le Tender Box aujourd’hui ; ce sera fait au cours de la semaine », a ajouté Mushtaq Oosman, interrogé par Le Mauricien en vue d’obtenir confirmation officielle du nombre de soumissionnaires officiels.
En tout cas, les Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd se sont donné jusqu’à la mi-juillet pour adjuger ce qui furent des « Loss Making Jewels in the BAI Crown », en l’occurrence la clinique Apollo Bramwell avec des pertes de Rs 1 milliard en deux ans et quelque 850 employés, Courts et Iframac. D’ici là, l’inquiétude et l’appréhension parmi les employés de ces trois compagnies de BAI gagneront en intensité face aux incertitudes pour leur emploi en dépit des garanties.
Avec le volet des remboursements aux 24 690 victimes de l’arnaque Rawat pour un montant de Rs 19,6 milliards sous le Super Cash Back Gold, les Special Administrators devront redoubler d’efforts pour recouvrer les fonds distribués par le système Rawat au sein des 137 compagnies et entités identifiées. Jusqu’ici, des réclamations, basées sur les Ledgers et autres fichiers informatiques du groupe BAI, ont déjà été transmises aux entreprises, que ce soit dans des cas de Done Deals, de Half-Baked Deals ou des Not Yet Done Deals.
Une période moratoire de deux semaines a été accordée et à partir de cette semaine, le tandem Oosman/Basgeet dressera un plan d’action pour passer en revue la liste et décider des priorités en termes de procédures de saisie. Parmi les premiers cas qui devront être logés devant les instances appropriées figure la saisie-conservatoire de 34 des 37 appartements de luxe dans le complexe Diplomat Gardens de Floréal au nom d’une série de sociétés avec pour actionnaires des membres du clan Rawat.
Le but consiste à recouvrer une somme de Rs 257 millions sur ces investissements immobiliers. Dans un premier rapport préliminaire sur le BAI Ponzi Scheme en date du 8 avril dernier, mention est faite que « of the balance Rs 447 075 315, Rs 315 million relates to Diplomat Gardens for which no supporting documents in terms of pledge has been provided. The appartments of Diplomat Gardens are held by societies outside the group structure ». Entre-temps, des recherches ont été entreprises pour identifier les membres de la famille Rawat derrière ces sociétés. Les soeurs Adeela Rawat-Feistritzer et Laina Rawat sont dans le collimateur des Special Administrators sauf que Kerima Rawat est exemptée de toute poursuite vu qu’elle s’est déjà acquittée de ses dettes auprès de la société Greensboro.