La psychose du licenciement au sein de l’empire écroulé de Dawood Rawat, qui a trouvé refuge en France avec sa dernière décoration de la Légion d’Honneur, avait commencé à gagner en intensité. Après une séance de travail avec l’un des deux Special Administrators, Mushtaq Oosman, le ministre du Travail et des Relations industrielles, Soodesh Callichurn, a pu jauger de la gravité de la situation. 704 membres du personnel des différentes entités du groupe BAI étaient sous la menace de licenciement si aucune décision n’était prise par le gouvernement. D’où la décision de l’annonce officielle d’un sursis avec le retrait des lettres de licenciement et la mise en place d’une ligne de crédits pour assurer les salaires des employés du groupe jusqu’à la fin de juin, date à laquelle les Special Administrators désigneront les repreneurs pour les plus importantes opérations, soit celles d’Iframac, de Courts et de la clinique Apollo-Bramwell.
Dans l’immédiat, tous les employés du groupe BAI sont maintenus à leurs postes avec leurs salaires assurés pour la fin de ce mois et probablement le mois prochain. L’une des raisons ayant poussé le gouvernement dans cette voie est que les procédures de licenciement pour raisons économiques prévues dans la loi n’avaient pas été respectées avec des risques de réclamations pour rupture de contrat.
Toutefois, dans le camp des employés affectés par les séquelles de l’arnaque de Dawood Rawat, c’est un sentiment mi-figue mi-raisin. Certes, cette décision constitue un soulagement pour l’instant, tout en sachant que tôt ou tard, avec la reprise et la restructuration des unités encore solvables du groupe BAI, les temps durs surgiront de nouveau. Dans cette perspective, la manifestation des employés d’Iframac à Quatre-Bornes aujourd’hui est maintenue.
Ivan Tan Yan, le négociateur au nom des employés d’Iframac, prend à contre-pied la satisfaction affichée dans le camp des syndicalistes en trouvant que « la décision du gouvernement est un pansement sur bras fracturé ». Une image qui frappe l’imagination dans la conjoncture. Le discours qu’il tiendra aujourd’hui lors de la manifestation devra constituer le mot d’ordre.
Chez les syndicalistes qui ont tenu à se tenir aux côtés des employés de BAI en cette période difficile, que ce soit Jane Ragoo ou Reeaz Chuttoo de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) ou encore Ashok Subron de la General Workers Federation, le résultat d’hier est la conséquence de la mobilisation des employés des différentes compagnies BAI. Ils se disent conscients que cette mobilisation s’avérera encore plus cruciale pour les étapes à venir vu le caractère inédit des conséquences de la BAI Mega-Financial Scam.