Outre le Chairman Emeritus de la BAI, Dawood Ajum Rawat, qui bénéficie de la protection de la France de par l’absence d’un traité d’extradition, l’ancien Chief Executive Officer du groupe BAI et “Blue-Eyed Boy” du premier nommé, Saleem Eshan Beebeejaun, est l’un des rates “Top Guns” à ne pas être inquiété par le Central CID. Toutefois, les dernières indications disponibles tendent à confirmer que la partie de “Kouk Kasyet”, livrée par le fils de l’ancien Deputy Prime Minister du gouvernement de Navin Ramgoolam, dans le cadre de l’opération “Daylight Robbery”, devrait prendre fin incessamment. D’autres sources bien informées au QG du Central CID avancent que la décision de convoquer Saleem Eshan Beebeejaun a déjà été prise depuis la première quinzaine de ce mois et qu’en principe, il devrait se présenter à l’Interrogation Room très prochainement. Le principal dossier qui devra être évoqué avec l’ancien CEO du groupe BAI concerne la “Round Tripping Transaction” de Rs 3,9 milliards avec la Banque des Mascareignes vers 15h45 le 31 décembre 2009 pour maquiller l’échec de l’Insolvency Test de la compagnie d’assurances de Dawood Rawat, qui était déjà en situation de banqueroute.
En tout cas, le nouveau patron du Central CID, l’assistant commissaire de police, l’ACP Devanand Reekoye, qui a pris la relève de l’ACP Heman Jangi, muté à la Police Prosecution Unit, sera appelé à superviser cet aspect crucial de l’enquête sur l’écroulement de l’empire Rawat avec une prévenue d’envergure, soit l’ancienne directrice de la Banque des Mascareignes, la Réunionnaise Nelly Jirari, déjà en liberté surveillée depuis plus de dix mois déjà. D’autres hauts cadres de cette filiale de la deuxième plus importante banque française, ayant traité du dossier des Rs 3,9 milliards du 31 décembre 2009 du groupe BAI, avec à l’appui une BAI Audit Presentation par la société KPMG en date du 29 mars 2010, ont été également inculpés dans le cadre de cette enquête policière, dont le dossier devrait être transmis à l’Office of the Director of Public Prosecutions depuis quelque temps.
Toutefois, aucune des sources policières approchées n’a voulu s’aventurer pour confirmer la date de l’interrogatoire, même si l’une d’elles avance que « Saleem Beebeejaun aurait dû être entendu cette semaine autant que je sache ». Depuis la fin de l’année dernière, un épais mystère entoure la convocation de Saleem Eshan Beebeejaun au Central CID alors que l’ancien Chief Financial Officer du groupe, Muhammud Swadeck Taher, a déjà été interrogé à ce sujet. « La version des faits de l’ancien CEO du groupe BAI sur cette affaire de découverts bancaires fictifs de Rs 3,9 milliards est nécessaire pour compléter le tableau. Mais nous ne savons pas pour quelle raison un blocage se fait sentir », fait-on comprendre dans des milieux intéressés.
Techniquement, lors ce passage tant attendu au QG du Central CID, l’ancien Chief Executive Office du groupe BAI sera confronté à des extraits du Forensic Audit Report de nTan Corporate Advisory Pte, rapport commandité par la Banque de Maurice, au sujet de la gestion du groupe BAI. À la page 27 de ce rapport accablant, les auditeurs singapouriens relèvent : « We observed that the following issues were raised by KPMG in both KPMG’s FY2010 Presentation and KPMG’s FY2012 Presentation : (1) BA Insurance’s underlying insurance business was operating at a loss ; (2) BA Insurance was relying on fair value gains to show operating profit ; (3) BA Insurance was solvent from a regulatory perspective, only after the capital injection of Rs 3.6 billion on 31 December 2009 (which was part of the roundtripping transactions) ; (4) BA Insurance’s high exposure of assets invested in related parties ; (5) doubtful recoverability of BA Insurance’s assets invested in related parties ; (6) significant shortfall between BA Insurance’s guaranteed bonus rates to its policyholders and actual realised returns from its investment portfolio ; and (7) high reliance on renewals to finance maturity payouts. »
Saleem Eshan Beebeejaun, qui avait soumis sa démission suite à un sérieux différend avec Dawood Ajum Rawat, devra répondre de ses actes en tant que Chief Executive Officer au chapitre des « responsibilities and obligations of directors, auditors and actuaries ; ability of BA Insurance to continue as a going concern ; and non-compliance with IFRS in respect of group consolidation for FY2010 and FY2011 ». Il sera également entendu sur ses responsabilités et son rôle dans les démarches entreprises fin décembre 2009 pour obtenir ces découverts fictifs de Rs 3,9 milliards avec au moins trois banques commerciales contactées, seule la banque des Mascareignes acceptant de jouer le jeu avec une opération bancaire de cette envergure à 15 minutes de la fermeture pour le Nouvel An.
Sans compter que l’ancien CEO devra convaincre les enquêteurs de ses réactions face à la conclusion de l’audit de KPMG pour l’exercice financier se terminant au 31 décembre 2009 dans la BAI Audit Presentation du 29 mars 2010 et dans une Management Letter subséquente axée sur « the implication of investments and loans to related parties » à l’effet que « the Company may be subject to queries from the regulator as it is not using policyholders’funds appropriately ».