L’enquête du Central CID avec la déposition de Mohamad Husein Abdool Rahim faisant état d’allégations de manipulation de faits dans l’affidavit lors de l’opération Dhobi de Klas devrait passer à partir de ce week-end à la vitesse supérieure. En effet, l’ancien Attorney General Ravi Yerrigadoo s’est rendu au QG du Central CID en début de soirée pour compléter le premier round de cette enquête. Deux heures auparavant, Sylvio Sundanum, General Manager de Dry Cleaning Services Ltd, et Me Dick Kwan Tat se trouvaient aux Casernes centrales pour consigner leurs versions des faits au sujet des allégations et des faits énoncés dans l’affidavit. En fin de soirée d’hier, la consigne officielle de cette enquête, placée sous la supervision de l’assistant commissaire de police, ACP Devanand Reekooye, rentré de Rodrigues vers 17 heures hier, demeurait que tous les documents et détails doivent être vérifiés et contre-vérifiés avant d’enclencher la prochaine étape. Entre-temps, le Written Résumé de l’affidavit, qui avait été soumis à l’avouée Nirmala Hurhangee, est d’un intérêt crucial dans la conjoncture.
Des recoupements d’informations effectués auprès de sources concordantes aux Casernes centrales indiquent que l’un des délits qui pourraient êtres retenus pour la suite porte sur la section 156 du Code Pénal, soit « Outrage against depository of public authority », une charge passible d’une peine d’emprisonnement de cinq ans. Le libellé de cette section du Code Criminel se lit comme suit : « Any outrage committed publicly, in any manner, whether against one or more members of the Cabinet or of the Assembly, or against a tribunal or court or one or more Magistrates, or a public functionary, or a minister of a religion recognised in Mauritius provided such outrage is committed against any of the aforesaid, whilst acting in the exercise of their functions, or on account of such functions, shall be punished by imprisonment, and by a fine not exceeding 100, 000 rupees. »
A hier soir, aux Casernes centrales, l’on se refusait de confirmer ou d’infirmer si le plan de travail établi à la lumière des premières dépositions comprend cette clause du Code Pénal. D’autres pistes d’enquête ont trait à la charge de Conspiracy, de séquestration et de Giving Instructions to commit a crime dans cette affaire d’affidavit. « Nous ne sommes qu’au stade des dépositions. Celui qui a porté plainte n’avait pas à hier soir complété sa déposition. Il y a des documents à authentifier et à contrôler. Nous procédons par étapes et nous aviserons en temps et lieu », laissaient entendre des sources proches des enquêteurs alors que Ravi Yerrigadoo, qui a retenu les services de Me Ravin Chetty, Senior Counsel, donnait des explications au sujet de ses liens avec Abdool Rahim.
Dans le cadre de cet exercice, la version de l’ancien Attorney General au sujet du document du 10 mars 2017 en faveur d’Abdool Rahim, qui était encore sous le coup d’une accusation de Swindling, s’avère être capitale. De son côté, Me Kwan Tat s’est appesanti sur les détails de la rencontre du 2 avril dernier en vue de préparer un autre déplacement en Europe après le précédent du 10 mars avec accent sur l’authenticité de l’écriture sur le manuscrit annexé à l’affidavit. Sylvio Sundanum et Dick Kwan Tat, qui ont affirmé que le plan de blanchiment avec le BET365 n’est qu’une manipulation, n’ont pas fait de déclaration à leur départ du Central CID en début de soirée.
Si des noms de journalistes sont cités dans l’étape menant à la préparation de l’affidavit avec la possibilité de convocation pour interrogatoires Under Warning lors de la deuxième étape, les enquêteurs du Central CID, qui sont en possession d’une copie de l’affidavit, sont sur la piste de la copie remise à l’avouée pour être formatée légalement. L’ancien ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, qui est actuellement à l’étranger, pourrait se retrouver sous le coup d’un Notice on Arrival, soit l’équivalent d’une arrestation à sa descente d’avion, logé par le Central CID auprès du Passport and Immigration Office, pour son rôle dans la rédaction de ce document de dénonciations.
Pour sa part, Husein Abdool Rahim, qui se trouvait encore aux Casernes centrales dans la soirée d’hier, a indiqué aux limiers du Central CID les « paragraphes manipulés » de l’affidavit, ayant trait aux allégations du montage financier impliquant l’ex-Attorney General Ravi Yerrigadoo, Sylvio Sundanum et l’avocat Dick Kwan Tat. Il a également remis à la police son téléphone cellulaire pour un décryptage de ses échanges et de ses messages SMS au cours de cette période.
Subséquemment, Husein Abdool Rahim a participé à une reconstitution des faits pour les contacts menant à la rédaction de l’affidavit. Il s’est rendu entre autres dans un restaurant de la capitale où ils avaient déjeuné, à Flic-en-Flac chez un journaliste, à Port Chambly, au bureau de l’homme de loi à Sterling House, et au siège de L’express. Néanmoins, les limiers n’ont pu se rendre au domicile de l’ex-ministre Roshi Bhadain pour cet exercice étant donné qu’il est actuellement à l’étranger.
Affaire à suivre…