La présence traumatisante des membres de la Special Mobile Force (SMF) et de la de Special Supporting Unit (SSU), armés de massues, pour ne pas dire « têtu » du temps de sir Anerood Jugnauth, de marteaux-piqueurs et de pelleteuses, s’estompera difficilement de l’imaginaire populaire. Surtout pour ces familles de Cité Barkly et à La Butte qui ont voulu se battre jusqu’au bout pour conserver leurs maisons avec le prochain passage du Metro express. Même face à des injonctions « ordering the Prime Minister not to go ahead with the pulling down of the property » obtenues de haute lutte de la juge Rita Teeluck, siégeant en référé en Cour suprême vendredi, les hommes du commissaire de police, Karl Mario Nobin, ont tenu à tout raser. Quitte à se retrouver dans la fâcheuse position d’outrage flagrant à un ordre de la Cour suprême. Pour excuse, aux Police Headquarters, l’on fait état de « pressures from higher quarters » pour exécuter les eviction orders. Toutefois, encore plus choquante que l’attitude « san leker et san konsesyon » des autorités a été la décision de la station de radio et de télévision nationale, MBC, de pratiquer le black-out total sur les tensions et les incidents se déroulant vendredi à Cité Barkly et à La Butte. La conséquence est que le directeur général de la MBC, Mekraj Baldowa, a été forcé de step down le temps d’une enquête pour élucider cette censure pure et simple de l’actualité. Le responsable des journaux télévisés de vendredi, Jagdish Jatoo, est également concerné par cette première sanction. De son côté, Jayen Chellun, le coordonnateur de la Plateforme Anti-Metro, n’arrive toujours pas à comprendre l’empressement du gouvernement Jugnauth d’aller de l’avant avec le Metro express à la vitesse TGV.