Compte tenu du scandale Betamax et du contrat-jackpot de Rs 10 milliards en faveur du groupe Bhunjun, l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam a subi, hier, sa cinquième arrestation en 19 semaines et en même temps ses onzième et douzième inculpations provisoires. Lors de sa comparution devant la magistrate Nadiyya Dauhoo en Cour de Port-Louis, il a eu à fournir deux cautions pour retrouver la liberté provisoire.  La police n’a as objecté à la liberté sous cautio. Lors de son interrogatoire, hier, Navin Ramgoolam a rejeté les accusations contre lui en soutenant que le choix de Betamax du groupe Bhunjun relevait du conseil des ministres.
Navin Ramgoolam a aussi fait état de la mise sur pied d’un comité ministériel, présidé par le Deputy Prime Minister et leader du PMSD, Xavier-Luc Duval, et comprenant d’autres ministres du gouvernement de L’Alliance Sociale pour se pencher sur divers aspects de fret pétrolier. Il y avait même eu un rapport de consultants, commandités par le gouvernement en 2009 avant l’adjudication de ce contrat.
Néanmoins, le leader du Parti travailliste a eu à faire face à deux inculpations provisoires à la mi-journée. La première porte sur une inculpation de complot au cours de la période septembre-décembre 2008 entre Navin Ramgoolam, Anil Bachoo, Veekram Bhunjun et d’autres encore concernant « an act which is wrongful […] to favour Betamax Ltd in successfully obtaining a tender for the transportation of petroleum products by circumventing the procurement procedure and making certain amendments in the Public Procurement Act with a view to bypass the existing procedure ».
La seconde accusation porte sur la période allant de septembre 2008 à janvier 2009 en exerçant des pressions illégales « by means of threat upon a public official for the performance of an act ». Il est accusé d’avoir menacé l’ancien ministre Mahen Gowressoo en des termes suivants : « Si to pa fer sign sa kontra Betamax-la donn to demision. »
À la fin de son interrogatoire d’hier, Navin Ramgoolam, qui a voyagé dans une Jaguar allouée par le gouvernement, a été libéré sur parole. Il est revenu en fin de matinée pour les procédures de caution.