La Navin’s Coffers Saga avec l’opération Lakaz Lerwa Lion et la saisie de Rs 224 millions, dont Rs 110 millions en never-used Dollar notes, dans les coffres-forts de River Walk devrait connaître un nouveau rebondissement dans les prochaines semaines. Les indications recueillies par Le Mauricien de sources officielles et fondées confirment que le procès de demande d’extradition de Nandanee Soornack, celle par qui est venue la chute de l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam, a été fixé devant les instances compétentes judiciaires en Italie dans cinq semaines, soit le 27 octobre prochain. Au sein de l’équipe d’officiels, dont les limiers du Central CID, ayant travaillé sur ce dossier d’extradition, l’on se dit confiant que ces démarches en vue de ramener Madam Ou Kone Ki Mwa à Maurice devront aboutir en dépit des multiples possibilités d’appel à la disposition de l’ancienne partenaire d’affaires de Navin Ramgoolam et de Rakesh Gooljaury.
Les autorités italiennes, sollicitées par la partie mauricienne sous la Legal Mutual Assistance, multiplient les contacts en vue d’obtenir des ultimes clarifications et précisions sur le dossier à charge logé contre Nandanee Soornack dans le sillage d’une série de scandales de commissions versées sous le gouvernement de Navin Ramgoolam. L’une des dernières demandes émanant d’Italie porte sur le respect des droits de l’homme des suspects ou encore de ceux ou celles trouvés coupables pour des délits criminels.
Dans le cas de Nandanee Soornack, les autorités italiennes ont voulu obtenir des assurances quant à la nature des peines d’emprisonnement prévues pour des condamnations sous la Prevention of Corruption Act ou la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA) ou autres Custodial Sentences. Elles voudraient obtenir confirmation officielle que ces peines ne comportent pas de peines à des travaux forcés.
Les milieux concernés soutiennent que cette dernière démarche pourrait être interprétée comme une indication de la ligne que comptent adopter les représentants du ministère Public en Italie à l’appel du procès le mardi 27 octobre. L’Attorney General’s Office, qui a établi une ligne de communication avec le ministère de la Justice de Rome, a déjà en début de semaine transmis les informations à l’effet que les peines d’emprisonnement statutaires sont « en totale conformité avec les dispositions de la Convention de la Protection des Droits de l’Homme de l’Union européenne ».
Avec ces déclarations des autorités mauriciennes, les responsables d’Interpol en Italie tenteront de convaincre la justice de renvoyer Nandanee Soornack pour répondre des accusations retenues contre elle car il n’y a aucun risque d’atteinte aux droits de la prévenue vu que « Maurice est un État de Droit ».
À ce stade, trois accusations provisoires ont été logées contre Madam Ou Kone Ki Mwa et transmises aux autorités italiennes. Les mandats d’arrêt internationaux émis contre Nandanee Soornack par la magistrate Adila Hamuth, siégeant en Cour de Port-Louis, concernent le scandale de commissions de Rs 100 millions versées par la société Dufry pour le contrat de gestion et de fourniture de produits de luxe à la Mauritius Duty Free Paradise, le blanchiment allégué de Rs 30 millions avec l’acquisition du domaine de la famille Maingard à Floréal et l’affaire de complicité avec Navin Ramgoolam dans les incidents dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 dans le bungalow de l’ancien Premier ministre à Roches-Noires.
Toutefois, avec l’ouverture de l’enquête sur les deux millions de dollars de commissions pour le projet de Bagatelle Dam versées dans un compte bancaire à Singapour le 8 décembre 2011, Nandanee Soornack pourrait être accablée avec une Extraditable Offence, soit le blanchiment de 245 000 euros (Rs 10 millions) de ces pots-de-vin.
Le dossier avec toute la Documentary Evidence de ces virements bancaires de Singapour à Maurice et de Maurice à la Banca Popolare di Milano en vue de l’acquisition d’une propriété immobilière au nom de Nandanee Soornack à Parme, a déjà été transmis formellement aux autorités italiennes à des fins d’enquête. Le délit allégué est le blanchiment de fonds avec Maurice réclamant la saisie de cette propriété vu que l’acquisition été financée par des « Proceeds of Crime ».
Affaire à suivre…