Rakesh Gooljaury, l’homme d’affaires et « ami » de l’ex-Premier ministre, a comparu en cour intermédiaire ce matin dans le cadre du procès qui lui est intenté dans l’affaire du cambriolage à Roches-Noires, au campement de Navin Ramgoolam. Il a soutenu en cour avoir donné une fausse déclaration à la police en juillet 2011 parce qu’il « n’avait pas le choix » et que l’ex-chef du gouvernement avait insisté pour que ce soit lui qui donne une déclaration. Et d’affirmer qu’il s’est présenté lui-même à la police pour dire la vérité sur ce qui s’est produit après la défaite du Ptr aux dernières élections générales car « sa ti pe ronz mwa pendan 4 an ». La sentence sera prononcée lundi 18 avril.
Rakesh Gooljaury, directeur de Fashion Style, qui a aussi été le partenaire d’affaires de Nandanee Soornack, a plaidé coupable d’une charge de « effecting public mischief » en cour intermédiaire. Ce dernier est accusé d’avoir donné une fausse déclaration à la police, le 3 juillet 2011, selon laquelle il était seul au bungalow à Roches-Noires quand un cambriolage s’est produit. Lors de sa comparution en cour ce matin, Rakesh Gooljaury devait affirmer que sa première déposition était fausse et qu’il avait donné quatre autres déclarations à la police entre 2015 et 2016 dans lesquelles il avait fourni des détails sur ce qui s’était réellement passé. Rakesh Gooljaury a soutenu en cour que cela faisait 12 ans qu’il était ami avec l’ex-Premier ministre. Il relate que dans la soirée du cambriolage, il était déjà rentré d’une fête au bungalow de Navin Ramgoolam quand Nandanee Soornack l’a appelé pour lui dire de retourner au bungalow au plus vite. L’homme d’affaires indique alors qu’une fois là-bas, il avait trouvé l’ex-PM blessé à la poitrine, la chemise débraillée et les cheveux ébouriffés. Et d’ajouter qu’il y avait du sang sur les couvertures du lit de la chambre à coucher. Après l’arrivée de deux anciens DCP Dev Jokhoo et Ravine Sooroojebally,  Navin Ramgoolam leur a expliqué qu’il a été victime d’un vol. Selon Gooljaury, Navin Ramgoolam avait insisté pour qu’une déclaration soit donnée à la police, alors que l’ex-DCP Sooroojebally avait exprimé un refus. Toutefois, les hommes devaient se mettre d’accord pour que ce soit lui qui donne une déposition à la police, où il expliquera qu’il a été victime d’un cambriolage alors qu’il était seul au bungalow et qu’il a dû fournir Rs 20 000 pour que le voleur s’en aille. « Ti ena presion lor moi. Ex-PM ti mo kamarad, mo pa ti kapav dir non » déclare-t-il. Et d’ajouter toutefois que quatre ans après sa fausse déclaration, il est venu de son plein gré donner une déclaration à la police « pour dire toute la vérité » parce que « sa ti pe ronz mwa. Mo ti santi mwa coupab. Kan Navin Ramgoolam perdi pouvoir lerla monn donn bann statement kot monn dir la verite. Aster mo ena la konsians kler » a-t-il avoué. Dans la déposition de l’homme d’affaires, ce dernier fait aussi mention d’un chèque de Rs 100 000 que Navin Ramgoolam lui avait demandé de débiter de son compte et de backdate aux mois de juin-juillet 2011, en vue de faire accroire qu’il avait loué le bungalow pour ces deux mois, en prenant en compte le fait que le cambriolage a eu lieu dans la soirée du 2 au 3 juillet. Rakesh Goolajury explique qu’il avait signé ce chèque et l’a remis à l’ex-Premier ministre dans le bureau de ce dernier à Port-Louis.
« A okenn moman monn loue kampman Navin Ramgoolam » devait affirmer Rakesh Gooljaury avant de présenter ses excuses en cour.
La défense a préconisé une amende pour son client, soutenant que les circonsances atténuantes jouaient en faveur de l’accusé. Me Mohana Naidoo, l’avocate de la poursuite, a quant à elle rappelé que Rakesh Gooljaury « participated in the commission of a crime »,  que le délit reproché est sérieux et que l’accusé mérite un « short, sharp shock ». La magistrate Renuka Dabee rendra sa sentence le lundi 18 avril.