Un premier volet du bras de fer engagé entre l’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam et les autorités dans la Navin’s Coffers Saga pourrait connaître un dénouement en début de semaine prochaine. Ainsi, une telle démarche découlerait d’un développement survenu, hier après-midi, le principal concerné, accompagné d’un officiel de l’Asset Recovery Unit de l’Office du Directeur des poursuites publiques, débarquant dans le Vault Room de la filiale de la Mauritius Commercial Bank de Bell-Village. Pendant un peu plus de 90 minutes, soit à partir de 15 heures, Navin Ramgoolam et ce représentant de l’Asset Recovery Unit auraient entrepris un inventaire de ces trois Bank Vaults, qui font l’objet de litige depuis le 15 mai dernier suite à un ordre émis par le juge Bobby Madhub.
« Mon client, Navin Ramgoolam, veut montrer aux autorités qu’il n’a rien à cacher », a déclaré en substance Me Gavin Glover, Senior Counsel, qui était en compagnie du leader du Parti travailliste au début et à la fin de l’exercice à la succursale de la MCB de Bell-Village. La présence inhabituelle de Navin Ramgoolam dans les locaux de cette banque, hier après-midi, a suscité une curiosité de la part des clients de la banque et des passants.
D’ailleurs, dès la confirmation de ce déplacement de l’ancien Premier ministre, le Central CID, qui n’avait pas été informé au préalable, devait dépêcher sur place une escouade de limiers menés par le surintendant Mannaram pour un constat de la situation. Toutefois, la présence du représentant de l’Asset Recovery Unit devait rassurer les enquêteurs du Central CID. À hier après-midi, au départ de Navin Ramgoolam de la banque, très peu de détails ont transpiré quant au contenu de ces trois Bank Vaults au nom de Navin Ramgoolam, de son épouse Veena Ramgoolam et de sa soeur, Sunita Joypaul.
Néanmoins, force est de constater qu’avec l’échéance des Full Submissions devant les juges Asraf Caunhye et Nirmala Devat, lundi, dans cette affaire, les éléments recueillis, hier, devront faire partie des arguments. Jusqu’ici, Navin Ramgoolam maintient que ces coffres n’avaient pas été ouverts depuis le décès de son père quand ces objets d’une valeur sentimentale y ont été déposés.
Dès le lendemain de cet ordre obtenu à la demande de l’Asset Recovery Unit, soit lors d’un point de presse au Square Guy Rozemont tenu le 17 mai, Navin Ramgoolam avait déclaré qu’un des coffres contenait certains effets personnels de son père, notamment des montres, et les bijoux de sa mère. Il conteste également le Freezing Order qui bloque le compte bancaire du Parti travailliste, assurant qu’il a été alimenté par des dons des membres du parti.
Cette initiative en fin de semaine pourrait faire partie des dernières missions de l’Asset Recovery Unit sous le contrôle de l’Office du Directeur des poursuites publiques. Dans les quinze prochains jours, l’Assemblée nationale sera appelée à voter des amendements à l’Asset Recovery Act pour assurer le transfert de l’autorité du DPP pour la place sous la Financial Intelligence Unit (FIU).
Entre-temps, Me Rashid Ahmine, Senior Assistant DPP, et responsable de l’Asset Recovery Unit, a décroché un award international lors d’une conférence en Afrique du Sud. La dernière édition du Newsletter du bureau du DPP souligne que « the award, which was presented by Judge Edwin Cameron, went to Mr Rashid Ahmine, for outstanding contribution to the establishment of the Mauritian Asset Recovery Unit (ARU) and the development of the asset recovery regime in Mauritius. Mr R. Ahmine stressed on the importance of regional cooperation in terms of asset recovery and thanked ARINSA, UNODC and the NPA for the support they have provided to the ARA in terms of capacity building and implementing best practices in the field. »