Cet après-midi, devra être complété l’exercice de décompte des coupures bancaires découvertes dans les coffres-forts et valises saisis en la résidence de Navin Ramgoolam à River Walk il y a huit jours. Le compteur de la Banque de Maurice, engagé dans cet exercice se déroulant dans l’OPS Room du Central CID, pourrait s’arrêter à quelque Rs 225 millions, soit un montant légèrement supérieur aux Rs 200 millions mentionnées dans la charge provisoire de Money Laundering logée contre l’ancien Premier ministre devant la Bail and Remand Court (BRC) samedi dernier.
A hier en début de soirée, le montant de Black Money comptabilisé était de Rs 210 millions, soit Rs 70 millions de plus sous forme de devises étrangères, principalement des dollars américains. Avec la reprise de cet après-midi à partir de 14 heures, il faudra compter un montant supplémentaire de quelque Rs 15 millions pour compléter cette étape. Force est de constater que depuis dimanche dernier, les machines utilisées par les représentants de la Banque de Maurice n’ont détecté aucune fausse coupure bancaire, que ce soit en billets de banque locaux ou en devises étrangères.
En sus de cela, le Central CCID a placé sous scellés dans la nuit de mardi à mercredi au moins une douzaine de cartes de crédits bancaires, quasiment sans limite, dont certaines, pour ne pas dire une grosse majorité, émise par la HSBC, banque internationale citée dans les Swiss Leaks, qui fait la Une de l’actualité financière dans le monde. Au cours de la semaine prochaine, les enquêteurs de la police devront établir des contacts avec les banques commerciales concernées pour recouvrer les détails de toutes transactions bancaires opérées à partir de ces cartes bancaires ou encore confirmer le montant des Travellers’Cheques.
Par ailleurs, le coup d’envoi de l’interrogatoire de Navin Ramgoolam, que ce soit pour l’inculpation provisoire de Conspiracy dans la Roches-Noires Saga dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 ou pour le délit de blanchiment de fonds, est donné comme incessant. À ce prochain stade de l’enquête, des rebondissements sur le plan politique sont à prévoir.
L’une des possibilités au cas où l’ancien Premier ministre et leader du Parti Travailliste décide de cracher le morceau, est que d’autres personnalités politiques pourraient avoir des comptes à rendre sur le Jackpot de River Walk. Dans l’éventualité que Navin Ramgoolam prenne la ligne de défense que les Rs 225 millions des coffres-forts et des valises représentent « les contributions des bienfaiteurs du Parti Travailliste », la pertinente question, qui devrait se poser, est quel est le montant de ces contributions vu que les élections générales ont eu lieu il y a deux mois.
« Les Rs 225 millions ne constituent que ce qui reste après les dépenses effectuées pendant toute la campagne électorale. Navin Ramgoolam a dépensé quel montant à cet effet ? » se demandent ceux qui veulent que « cet argent n’est que les contributions aux partis politiques contestant la version officielle de la police que ce sont des proceeds of bribe and corruption ».
Affaire à suivre car le plus intéressant est encore à venir…