Nandanee Soornack, arrêtée en Italie le jeudi 16 avril dernier avant d’être assignée à résidence après avoir été traduite en Cour de justice de Parme, fait l’objet de quatre charges provisoires devant la Cour correctionnelle de Port-louis pour des délits de blanchiment d’argent et complot allégué dans l’affaire Roches-Noires. Lors de l’appel pro-forma de l’affaire ce matin, les mandats d’arrêt émis contre elle ont été étendus, en attendant les dénouements de sa prochaine comparution en Cour d’appel de Bologne, le 26 janvier prochain.
Nandanee Soornack, qui avait fui le pays à la suite des dernières élections générales, avait été rattrapée par la justice pour sa proximité avec l’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam. Elle fait l’objet de quatre charges provisoires en Cour correctionnelle de Port-Louis, soit pour blanchiment d’argent allégué dans l’affaire Dufry/Frydu et l’achat d’une maison à Floréal, et pour complot allégué dans l’affaire Roches-Noires. L’affaire a été appelée ce matin devant le magistrat Alvin Joypaul. La police par le biais de l’assistant surintendant de police Daoudary du Central Criminal Investigation Department (CCID) a demandé que les mandats d’arrêt émis contre Nandanee Soornack soient étendus, cette dernière se trouvant toujours en Italie. Celle-ci devra comparaître à nouveau devant la Cour d’appel de Bologne dans le cadre des procédures de contestation de son extradition d’Italie. La dernière séance d’audition avait eu lieu le 27 octobre 2015. Nandanee Soornack avait pour argument, devant le Full Bench de la Cour d’appel de Bologne, sa crainte pour sa fille de six ans, l’unique héritière, soutient-elle, de la fortune de la dynastie Ramgoolam.
En cour ce matin, la police a ainsi demandé un délai d’un mois afin de connaître les dénouements devant la Cour d’appel. L’affaire sera appelée à nouveau le 25 février prochain.
Pour rappel, dans un jugement rendu le 23 avril dernier, la magistrate Adila Hamuth avait rejeté la demande de révocation des mandats d’arrêt émis contre Nandanee Soornack, formulée par Me Yahia Nazroo. L’homme de loi avait soutenu que la police a abusé des procédures de la cour pour avoir formulé une demande pour qu’un mandat d’arrêt soit lancé à l’encontre de Nandanee Soornack sur le territoire mauricien, alors qu’elle ne s’y trouve pas. La magistrate n’était pas du même avis, soutenant que les mandats d’arrêt « ne devraient pas être révoqués à ce stade ». Elle devait toutefois préciser, dans l’énoncé de son Ruling, que les mandats d’arrêt émis par la Cour de District peuvent être exécutés uniquement à Maurice, rappelant que ces mandats d’arrêt ont été effectués suivant les dispositions de la loi sous l’article 4 de la District and Intermediate Courts (Criminal Jurisdiction) Act de 1888.