L’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam a comparu devant la magistrate Renuka Dabee en Cour intermédiaire ce matin aux côtés des deux ex-DCP Dev Jokhoo et Ravine Sooroojebally dans le cadre des incidents survenus au bungalow de Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011. Suite à la précédente demande de Me Gavin Glover pour l’obtention de tous les documents relatifs à l’affaire, ce dernier a soutenu avoir reçu la majeure partie des documents et que seuls les relevés téléphoniques ne lui ont pas encore été communiqués. La poursuite a confirmé que Mauritius Telecom n’a pas encore fait parvenir ces relevés au bureau du DPP. La poursuite a obtenu un délai d’un mois pour fournir le reste des documents. La nouvelle comparution de Navin Ramgoolam est prévue le 29 juin.
Lors de la comparution en cour de l’ancien Premier ministre et des deux ex-DCP, une foule s’était amassée devant l’enceinte de la salle d’audience, comme à l’accoutumée, pour accueillir le leader des rouges. Le président du PTr, Patrick Assirvaden, ainsi que d’autres membres du parti étaient également présents. Lors de l’appel de l’affaire précédemment, Me Gavin Glover, l’homme de loi de Navin Ramgoolam, avait demandé que le “complete brief” lui soit communiqué, notamment le rapport du Forensic Science Laboratory (FSC) de même que les dépositions et entrées consignées au poste de police de Rivière-du-Rempart dans la matinée du 3 juillet 2011 et celles au Central CID ainsi que les relevés téléphoniques. Ce matin, ce dernier a indiqué n’avoir pas encore obtenu lesdits relevés (“itemised bills”). Me Mohana Naidoo, Senior Assistant DPP, est venu indiquer en cour que les relevés téléphoniques n’ont pas encore été communiqués au bureau du DPP et qu’aussitôt disponibles, la poursuite les fera parvenir à la défense. Me Glover a aussi réclamé que la liste complète de tous les documents obtenus au bureau du DPP pour cette affaire lui soit communiquée. L’affaire sera appelée à nouveau le 29 juin.
L’accusation formelle contre l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam ainsi que l’ancien directeur général du National Security Service, le Deputy Commissioner of Police Dev Jokhoo, et l’ancien patron de la VIPSU, le DCP à la retraite Ravine Sooroojebally, avait été logé en Cour intermédiaire le 19 avril. L’accusation retenue par l’Office of the Director of Public Prosecutions suite à la nouvelle enquête du CCID sur l’affaire de Roches-Noires est celle de “Conspiracy to do an unlawful act, namely effecting public mischief in breach of Section 109 of the Criminal Code”.
Les trois accusés ont plaidé non coupables de l’accusation retenue contre eux. Une quinzaine de témoins ont été assignés dans cette affaire, dont l’homme d’affaires Rakesh Gooljaury. Ce dernier, dont les allégations ont mené à l’arrestation de Navin Ramgoolam ainsi que de Dev Jokhoo et Rampersad Sooroojebally, s’était rétracté dans une déposition donnée le 11 janvier 2015, où il a confirmé qu’à aucun moment il ne se trouvait dans l’enceinte de la propriété de Navin Ramgoolam au moment des faits. Il avait soutenu avoir fait de fausses déclarations car il « n’avait pas le choix » du fait que Navin Ramgoolam était « son ami » et « avait insisté » pour qu’il aille rapporter le cambriolage à la police.
Navin Ramgoolam est défendu par sir Hamid Moollan, QC, Me Gavin Glover, SC, et Mes Shawkat Oozeer et Hisham Oozeer. Ravine Sooroojebally, lui, est défendu par Me Narguis Bundhun. Dev Jokhoo est défendu par Me Mooloo Gujadhur, Me Kevin Luckeeram et Me Shyam Servansingh. La poursuite, elle, est représentée par Me Mohana Naidoo et Me Jean-Michel Ah Sen.