Un an déjà depuis que l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, a été placé sous le poids d’une douzaine d’inculpations provisoires logées par le Central CID dans le cadre de l’opération au nom de code Lakaz Lerwa Lion. Au rythme où vont les enquêtes de la police, ce n’est pas demain la veille que la boucle sera bouclée. D’ailleurs, à ce jour, l’un des principaux dossiers, en particulier celui consacré aux Rs 220 millions + Rs 4 millions, dont Rs 110 millions en never-used dollar notes, attend toujours des informations précises sur des transactions en dollars américains opérées par les différentes banques commerciales depuis 2009.
En tout cas, à ce stade de sa carrière politique, deux dates cruciales, soit le jeudi 11 décembre 2014 et le vendredi 6 février 2015, hantent Navin Ramgoolam. Toutefois, dans les deux cas, il a été pris par surprise et encore pire que le scénario du vendredi 6 février 2015, l’enfer du jackpot de River Walk n’était pas prévisible il y a un peu plus d’un an.
À la clôture des bureaux de vote pour les dernières élections générales du mercredi 10 décembre 2014, Navin Ramgoolam avait envisagé deux versions de son discours à la nation après la proclamation des résultats, soit la première remerciant la population pour la confiance placée en lui en lui accordant cette majorité de trois quarts pour l’avènement de la IIe République, la seconde remerciant l’électorat quand même pour cette majorité simple. Ce n’est pas l’entourage de l’ancien Premier ministre qui contredira ce fait indéniable.
Mais très vite, le déroulement des événements dans la matinée du jeudi 11 décembre 2014 ouvrira la voie à un autre scénario. Le coup de tonnerre viendra ce jeudi lorsque l’ancien directeur général de la MBC, Dan Callikan, débarque dans le bureau du Secretary to Cabinet au Treasury Building avec sa lettre de démission pour le paiement immédiat tas de sa compensation de 18 mois de salaires « in line with clause X (e) of my contract, I consider that I cannot in good conscience continue to serve as Director General of the MBC ».
Puis, en début de soirée du jeudi 11 décembre 2014, ce sera le départ en catastrophe de Nandanee Soornack pour Bologne en Italie. Le suspense est toujours de mise, la Cour d’appel de Bologne étudiant encore la demande d’extradition de Madam Ou Koné Ki Mwa.
Contrairement à la fuite de Nandanee Soonack et de sa benjamine, décision somme toute prévisible dans la conjoncture électorale, l’arrestation de Navin Ramgoolam le vendredi 6 février par le Central CID, sous la supervision de l’ACP Heman Jangi, ne pouvait être classée dans la catégorie des bankers. Le leader du Parti travailliste, invité par le National Democratic Institute des États-Unis, s’apprêtait à prendre l’avion pour aller au Nigeria en tant qu’observateur des élections dans ce pays.
Vendredi 6 février 2015, soit un an de cela : Navin Ramgoolam arrêté suite à un mandat d’arrêt, est ramené pieds sur terre à la découverte de trois coffres-forts et des valises remplis de coupures de banque de Maurice et des dollars américains. Depuis, les jours de l’ancien Premier ministre sont hantés politiquement…