La juge Ah Foon Chui Yew Cheong, siégeant en référé, a accédé à la demande l’Office of the Director of Public Prosecutions pour un Audit Trail complet de tous les avoirs et comptes bancaires, de même que les transactions en devises étrangères et polices d’assurance, souscrites au nom de l’ancien Premier ministre et de son épouse, Veena Ramgoolam, au cours de ces dernières années. Avec ce Judge’s Order, les hommes du Central CID, sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi, disposent d’une autre couverture légale pour réunir des preuves formelles contre Navin Ramgoolam pour le délit de blanchiment de fonds, de même que pour élucider le volet de l’enquête sur ce qui est connu comme de l’Unexplained Wealth. D’autre part, même si elle est en fuite depuis le 11 décembre dernier, l’étau se resserre autour de la femme d’affaires rouge Nandanee Soornack. À l’Assemblée nationale hier, le Deputy Prime Minister et ministre du Tourisme Xavier-Luc Duval a en effet prononcé un Indictment contre « Madam ou kone ki mwa », qui agissait « comme un État dans un État » avec aucun paiement effectué à Airports of Mauritius Ltd (AML) et Airport Terminal Operations Ltd de juin 2010 jusqu’à ce jour.
Depuis ce matin, en marge des dernières consultations pour un nouvel Affidavit In Rebuttal du Central CID dans l’affaire de l’accès aux téléphones cellulaires de Navin Ramgoolam, une escouade d’enquêteurs a été constituée suite au Judge’s Order sur les avoirs bancaires de celui-ci. Leur mission première est de servir dans les meilleurs délais cet ordre de la Cour suprême réclamant l’accès à toutes les affaires financières du couple Ramgoolam dans l’affaire de blanchiment de fonds de Rs 224 millions.
Ce Judge’s Order, émis hier après-midi par la juge Mme Cheong, ne concerne pas que les banques commerciales. Les Non-Bank Deposit Taking Institutions – comme les sociétés de crédit-bail, les compagnies d’assurance, les Money Changer de même que les Foreign Exhange Dealers – sont aussi concernées par ce nouveau développement dans l’enquête suite à l’opération « Lakaz Lerwa Lion » et n’auront nul autre choix que d’obtempérer à cet ordre de Disclosure de la Cour suprême. Dans un premier temps, les plus importantes banques commerciales du pays seront ciblées par les enquêteurs du Central CID, même si aucune banque ne sera épargnée dans cette nouvelle offensive.
Au terme de cet ordre de la Cour suprême, le Central CID devra être informé dans les meilleurs délais de tout mouvement de fonds engagé au nom de Navin Ramgoolam et de son épouse, que ce soit en roupies et en devises étrangères. Toutes les transactions avec des cartes de crédits bancaires devront également être communiquées aux enquêteurs, les banques étant tenues à divulguer le nombre de Vaults (coffres à la banque) de l’ancien Premier ministre et de son épouse.
Selon des indications, les premiers Print-Outs des banques commerciales et autres institutions financières, ou encore des détails des cahiers hypothécaires, devront être versés dans le dossier à charge du Central CID à partir de la semaine prochaine. Avec le tug-of-war devant la juge Rita Teeluck, siégeant en référé, au sujet des téléphones cellulaires et la réception des premières informations relatives à l’exercice d’Audit Trail, il faudra s’attendre à voir le début de l’interrogatoire Under Caution de Navin Ramgoolam repoussé encore une fois à la semaine prochaine.
En effet, ces pièces à conviction – que ce soit les appels téléphoniques pour le délit de Conspiracy de Cover-Up dans l’agression au campement de Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 et celui de Money Laundering de Rs 224 millions, recouvrées dans les deux coffres-forts et les quatre valises codés – sont considérées comme étant des plus cruciales pour la suite de l’enquête, avec l’ancien Premier ministre en tant que premier protagoniste.
Toutefois, les projecteurs resteront braqués sur Navin Ramgoolam, et en particulier sur celle par qui son malheur politique est arrivé, Nandanee Soornack. Lors de la séance parlementaire d’hier, Xavier Luc Duval a en effet dressé un réquisitoire contre celle qui était derrière la gestion de la société Airway Coffee, assurant le monopole de la restauration au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport Terminal. Celle-ci a un délai arrivant à échéance lundi prochain pour se manifester devant la Bankruptcy Division de la Cour suprême au sujet de deux Statutory Demands, avec des réclamations de Rs 58,2 millions, s’établissant comme suit :