Les procédures d’extradition initiées devant la Cour d’appel de Bologne par Maurice à l’encontre de Nandanee Soornack, l’ancienne partenaire d’affaires de Rakesh Gooljaury, ont été renvoyées au mercredi 27 avril prochain. Entre-temps, l’État mauricien devra retenir les services d’un cabinet d’avocats italiens pour exercer « its right to intervene as the requesting State » dans les délibérations devant le Full Bench de cette instance judiciaire. C’est ce qui découle de la séance d’hier avec Nandanee Soornack, présente en Cour alors que l’Attorney General, Ravi Yerrigadoo, qui a fait le déplacement en Italie, a préféré ne pas être présent physiquement dans la salle d’audience même s’il se trouvait dans le bureau du Procureur Général de la République dans l’enceinte de la Cour d’appel.
Le renvoi au 27 avril se justifie pour deux raisons. La première vise à accorder à l’État mauricien un délai en vue de retenir les services de conseils légaux italiens pour plaider devant la Cour d’appel. De son côté, Nandanee Soornack a déjà retenu les services de ténors du barreau italien en sus des services de Me Raj Boodhoo et de son épouse, qui est également avocate de profession. Toutefois, lors des Proceedings en Cour, ce sont les hommes de loi italiens qui interviennent au nom de Madam Ou Kone qui Mwa.
La seconde a pour objectif de permettre la traduction de l’anglais en italien des Bundles de documents soumis par l’Attorney General par l’entremise du Procureur général italien dans le cadre des Submissions. Dans ces documents en anglais, dont une copie a été également remise aux hommes de loi de Nandanee Soornack, Maurice réfute point par point les objections formulées par la partie adverse pour contester la demande d’extradition dans le cadre de l’opération Lakaz Lerwa Lion tout en élaborant sur les délits qui sont reprochés à Nandanee Soornack avec les commissions de 4 %, soit Rs 100 millions de la Mauritius Duty Free Paradise Ltd et versées dans des comptes bancaires en Suisse.
Pour le camp mauricien, la séance d’hier revêt toute son importance pour deux raisons. D’abord, « the full submissions of the Attorney General have officially been on the Court’s records » avec toutes les parties, y compris les trois juges de la Cour d’appel de Bologne, en mesure d’apprécier toute l’envergure des faits reprochés à Nandanee Soornack. Ensuite, la confirmation que l’État mauricien a un Locus Standi pour intervenir dans les procédures judiciaires en cours.
D’ici le 27 avril, que ce soit du côté de l’État mauricien ou dans l’entourage de Nandanee Soornack, ce sera la longue attente…