L’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam, dont les missions à l’étranger effectuées entre 2005 et 2014 auront nécessité des dépenses de Rs 200 millions, a signifié son intention de faire appel contre l’ordre émis par la juge Rita Teeluck. De ce fait, le décryptage des six téléphones cellulaires saisis par le Central CID en la résidence des Ramgoolam à la rue Desforges de 6 février dernier ne pourra démarrer car la police a déjà été informée officiellement depuis vendredi dernier. Un autre suspense est de mise dans le cadre de l’enquête du Central CID suite à l’opération Lakaz Lerwa Lion au sujet du retour du Chief Executive Officer de la Mauritius Duty Free Paradise Co. Ltd., Simo Carevic. Celui-ci, qui avait fait l’objet d’un Arrest on Departure le 17 février suite à l’affaire des trois VVIPs de Kensington Palms Residence, Quatre-Bornes, avait annoncé son retour à Maurice pour aujourd’hui. Mais jusqu’à la mi-journée, aucune trace physique du CEO de la Mauritius Duty Free Paradise Co. Ltd.
Vendredi dernier, Me Gavin Glover, Senior Counsel, avait fait le déplacement au QG du Central CID en vue d’informer les responsables de l’enquête sur l’affaire de Conspiracy, dans le Cover-Up concernant l’agression au campement de Roches-Noires au cours de la nuit du 2 au 3 juillet 2011, de la décision d’interjeter appel contre le Ruling de la juge Rita Teeluck, siégeant en référé. Ce jugement autorise les experts de l’IT Unit de la police d’avoir accès à la mémoire de ces six téléphones cellulaires pour dresser la liste des appels téléphoniques faits et reçus par Navin Ramgoolam à partir de 1 heure 20 ce matin du 3 juillet 2011. Mais la juge a imposé de strictes conditions pour le déroulement de cette opération.
Les indications disponibles sont que le Legal Panel, assurant la défense de l’ancien Premier ministre, devrait déposer en ce début de semaine en greffe de la Cour suprême le Notice with Reasons of Appeal pour contester le Ruling de la juge Teeluck. En principe, selon le calendrier de travail déjà arrêté par l’IT Unit de la police, le rapport détaillé sur le clonage des mémoires des six téléphones cellulaires de Navin Ramgoolam aurait dû être complété et soumis aux enquêteurs du Central CID aujourd’hui.
Toutefois, ce ne sera que partie remise et cette étape devra attendre la conclusion des délibérations en appel devant la Cour suprême. Le but de ce décryptage est de permettre au Central CID de retracer tous les appels téléphoniques de Navin Ramgoolam après son agression au 1er étage du bungalow, notamment à Rakesh Gooljaury ou encore à l’ancien directeur du National Security Service, Dev Jokhoo et l’ex-patron de la VIPSU, Ravine Sooroojebally, pour prouver la thèse de complot dans cette affaire.
Un autre élément de l’affaire Ramgoolam, notamment l’aspect de Money Laundering, continue à retenir l’attention. Depuis ce matin, une attention particulière est portée sur la liste des passagers débarquant au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport. Le CEO de la MDFP, Simo Carevic devait rentrer à Maurice ce lundi. Mais des sources bien informées avancent que tel ne devrait pas être le cas dans la conjoncture.
Simo Carevic, sur lequel pesait une interdiction de quitter le territoire mauricien du 17 au 27 février dernier, court le risque d’un interrogatoire Under Warning dès son retour. Cet exercice devait être axé sur les 47 paragraphes d’allégations troublantes contre des VVIPs, dont les ministres Pravind Jugnauth, Roshi Bhadain et Ravi Yerrigadoo, au sujet des tractations à la Kensington Palms Residence dans la nuit du 16 au 17 février au sujet des commissions alléguées de Rs 100 millions versées par Dufry AG à la société de Nandanee Soornack sur des contrats qu’a alloués la Mauritius Duty Free Paradise Co. Ltd.
La guerre des nerfs entre l’hôtel du gouvernement et la société Dufry AG, fournisseur de produits de luxe aux boutiques hors taxes de Maurice et de Rodrigues, devrait passer à une étape supérieure dans les prochains jours. Au sein du gouvernement, l’on affirme attendre de pied ferme le CEO de la MDFP pour cette confrontation sur la teneur de l’affidavit, que ce soit sur les dettes de Rs 40 milions de Rakesh Gooljaury ou les commissions de Rs 100 millions.
Dans le camp de Dufry AG, qui s’est muré dans un mutisme à toute épreuve depuis des contacts avec un émissaire anglo-mauricien, le vendredi 27 février en Europe, l’on se contente de rappeler que des enregistrements audio de ces tractations/menaces sont encore bien gardés et seront divulgués au moment opportun. Et ce, sans ajouter d’autres détails…