« Politik dominer ! » C’est ainsi que la quarantaine de Beach Traders installés dans des structures et autres cabanons en tôles sur la plage de Flic-en-Flac qualifient la bombe qui leur est tombée sur la tête jeudi dernier. En effet, suivant l’ordre d’éviction que leur a servi le ministère des Terres et du Logement, ces marchands avaient 48h pour vider les lieux. Criant à l’injustice, ces Beach Traders qui ont déposé une demande d’injonction en cour vendredi dernier ne comprennent pas comment « enn koté nou gagn permission travay, lot koté pé pousse nou ». Parmi ces marchands qui assurent avoir obtenu l’autorisation de la Beach Authority (BA) pour installer leur structure sur cette partie de la plage, c’est l’incompréhension totale.
C’est l’incompréhension totale chez les Beach Traders. Un premier ordre d’éviction servi à l’un d’entre eux mercredi dernier avait déjà créé la panique parmi les marchands craignant le pire. Et jeudi le couperet est tombé pour tous lorsqu’ils ont reçu leur ordre d’éviction les sommant de « pull down and remove the C.I.S structure therefrom within forty-eight (48) hours of service of the present notice. » À défaut de quoi ils seront poursuivis et risquent un emprisonnement de moins de cinq ans. Pour cause, le ministère des Terres et du Logement reproche à ces marchands d’avoir ériger des structures sans son autorisation et d’avoir empiété sur les terres de l’État.
Les Beach Traders ne comprennent cependant pas leur tort. « Kouma kapav dir nou dans l’illégalité alor ki BA finn donn nou permission ? » s’interrogent-ils. Et de faire ressortir qu’ils disposent de leur Traders’ Licence et également de l’approbation du directeur de la BA, Subash Seeruttun, pour les structures en tôle installées. S’ils concèdent qu’avant ils avaient des roulottes, certains de ces Beach Traders expliquent qu’ils se sont installés dans des strutcures en béton lorsqu’ils ont vu d’autres le faire. « Nou finn ale demann M. Seerruttun ek linn dir nou installé », affirment-ils. Et de faire ressortir qu’ils disposent même d’électricité dans leur local.
« Kan nou finn monte nou striktir, zot tou ti vinn gueté si tou korek. Ti éna la police, garde-côtes, sanitaires, officier BA, etc. Personn pa finn fer objection. Zot finn trouvé nou ti pé installe nou ti cabanon lor brik. BA finn mem donn nou papier pou nou gagn courant are CEB », disent-ils. Et d’ajouter que « kan ti demann M. Seeruttun kouma bizin monte zafer la, linn dir nou : alle ranzé toi, moi ki pé dir toi ale ranzé. »
Collaboration de la BA
Certains Beach Traders soulignent par ailleurs que lorsqu’ils se sont installés, ce sont les inspecteurs de la BA eux-mêmes qui sont venus leur indiquer sur quelle partie de la plage et à quel emplacement mettre leur structure. Dépités de la décision du ministère des Terres et du Logement, ces marchands, regroupés au sein de l’Association of Beach Traders (ABT), s’en sont remis à la justice et formulé une demande d’injonction vendredi dernier réclamant l’annulation de l’ordre d’éviction. Cependant, la demande a été rejetée par le juge.
Si certains se sont pliés à l’ordre d’éviction du ministère des Terres et du Logement et ont commencé depuis hier à enlever quelques équipements de leur commerce sur la plage, d’autres résistent et attendent la nouvelle demande d’injonction que l’ABT compte déposer lundi devant la cour. Mais, déjà, les Beach Traders parlent de manque à gagner de plusieurs milliers de roupies pour n’avoir pas travaillé depuis vendredi. Certains estiment qu’ils ont essuyé des pertes de Rs 8000 à s 10 000.
Ne comprenant pas pourquoi ils sont traités comme des squatters, ces Beach Traders se demandent « kot nou pou alé aster ? Kot trading zone la été ? ». S’offusquant que « lotorité entre lotorité zot pa tom dakor, aster ti dimoun ki paye pot cassé », les marchands disent que « sa situation-la pa kapav continué deroule koumsa ! » Et de faire ressortir que lorsqu’ils obtiennent leur permis, il est clairement indiqué que c’est le board de la BA qui a approuvé leur demande. « Lor board-la kisannla ena ? Ena lozma oussi lor la. Depi tou sa letan la ministère ki ti pé fer ? Kifer finn approuv nou permis pou zordi pe rass nou travay ». Ces marchands de plage observent également qu’au niveau de Trou-aux-Biches, « minis-la donn terrain M. Sungkur, donne li permission pou monte béton lor laplaz, mais avek nou li fer dominer ! »
Sollicité par Week-End depuis jeudi, le directeur de la BA a joué aux abonnés absents. De son côté, le ministre des Terres et du Logement, Abu Kasenally, laisse entendre que « nou pé koumans par mett l’ordre dans désordre. » Et d’ajouter que « la grande lessive a commencé. » « Partout nou pou mett l’ordre. » En effet, selon nos informations, le ministère des Terres et du Logement compte sévir contre les développement sauvages sur les plages, à l’instar des structures en tôle installées sans permission. Selon un officier du ministère, « sans qu’un espace n’ait été déproclamé, personne ne peut s’y installé, que se soit avec l’accord de la BA ou pas. C’est un espace public et seul le ministère des Terres et du Logements détient la prérogative de déproclamer un bout de terrain. »
D’où les ordres d’éviction émis sur la plage de Flic-en-Flac et d’autres qui seront servis à des Beach Traders sur d’autres plages où des business ont été installés. Affaire à suivre…