La fin de la semaine a vu une deuxième vague du tsunami politico-administratif  annoncé par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, fin février dernier. La nouvelle et dernière victime en date est le directeur général de la station météorologique de Vacoas, Balraj Dhunputh, proche parent du vice-Premier ministre et ministre de l’Infrastructure publique Anil Bachoo. Âgé de 55 ans, il a soumis sa demande de mise à la retraite anticipée au gouvernement, qui a volontairement entériné cette démarche. D’autre part, l’annonce de mesures disciplinaires contre cinq cadres d’Airports of Mauritius Limited (AML), dont le No2 Nemchand, continue de susciter des remous au sein de cette compagnie étatique avec une guerre des tranchées opposant le président du conseil d’administration, Me Pazhany Rangasamy, et le Chief Executive Officer Serge Petit.
Le départ du No1 de la Météo ne devrait nullement constituer une surprise dans la conjoncture actuelle, surtout après la catastrophe ayant affecté le pays à la suite des pluies torrentielles et meurtrières de samedi dernier non prévues par la station de Vacoas. Depuis le début de la semaine, Balraj Dhunputh, qui vient d’assumer ces fonctions, avait été placé sous pressions intenses pour des manquements majeurs à cet effet avec, pour conséquences, 11 victimes, sans compter les dégâts matériels, publics et privés, évalués jusqu’ici à plus de Rs 300 millions.
La dernière goutte d’eau aura été les dernières prévisions de la station météorologique de Vacoas annonçant le retour de pluies torrentielles pour la journée d’hier avec, pour effet, que le ministre de l’Éducation, Vasant Bunwaree, a pris la décision de fermer toutes les écoles primaires et collèges de l’île hier, dernier jour d’école pour le premier trimestre. Mais pendant toute la journée d’hier, la pluie s’est fait attendre, même si la population continue de vivre une véritable psychose avec la pluie.
Balraj Dhunputh a avancé des raisons personnelles pour justifier son départ. Force est de constater que ses jours à la tête de la Météo étaient comptés depuis jeudi avec la déclaration publique de Navin Ramgoolam à l’effet qu’il allait se pencher sur les « contradictions » dans les explications du directeur général de la Météo au sujet du ratage catastrophique du week-end pascal.
D’autre part, la situation au sein d’AML continue de se dégrader. Après l’interdiction de cinq hauts cadres, dont le No2 d’AML, et deux autres, dont Ramjoss et Lollbeharry, pour un contrat de nettoyage d’une valeur de Rs 47 millions pour une période de trois ans, les yeux sont maintenant tournés vers les relations entre le chairman et le CEO.
Le contrat du président du board, qui est arrivé à son terme depuis le 3 mars dernier, n’a pas été renouvelé jusqu’ici, même sur une base mensuelle. De ce fait, toutes les tentatives de Me Rangasamy pour présider à des réunions du board sont opposées de manière tactique par le CEO. Jusqu’à l’heure, Serge Petit a obtenu gain de cause, mais certains se demandent jusqu’à quand pourra durer ce petit jeu compte tenu de l’enjeu avec la prochaine mise en opération du nouveau Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport Terminal annoncé pour la fin de ce premier semestre.