L’opération Tsunami, déclenchée en février dernier, a débouché sur l’inculpation provisoire de l’ancien Deputy Chief Executive Officer d’Airports of Mauritius Limited (AML), Sewoosagar (Shiv) Nemnchand, et de deux autres suspects, le Supervisor d’AML, Viswadanand Ramjus, et le « contracteur » Ramdeo Ramjus. Tous trois, qui sont en état d’arrestation depuis ce matin dans les locaux de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), devaient comparaître en cours d’après-midi devant le tribunal de Mahébourg pour leur remise en liberté provisoire contre le versement de cautions, en attendant la décision du Directeur des poursuites publiques sur la marche à suivre à la suite des conclusions de cette enquête portant sur des contrats de nettoyage du « Perimeter Fence » au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport.
Les recoupements d’informations auprès de sources concordantes indiquent que l’ancien bras droit de Serge Petit, Chief Executive Officer à AML, est accusé d’avoir approuvé, de manière illégale, pas moins de 150 « Payment Vouchers » pour un montant de l’ordre de Rs 15 millions en faveur d’un entrepreneur. Les premiers éléments de cette affaire d’octroi de contrats à de « petits copains » avaient été relevés au début de cette année lors d’un exercice d’audit interne.
Ces détails, portant sur le fait que les contrats de nettoyage et d’entretien de la clôture de l’enceinte de l’aéroport – d’une valeur de Rs 47 millions – ont été subdivisés et échelonnés sur une période de deux ans, pour éviter tout recours à des appels d’offres, ont été subséquemment confirmés par un exercice de vérification par une firme privée d’experts-comptables. C’est sur la base des conclusions de cette étude que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, devait annoncer un « tsunami » sur les corps para-étatiques lors du dernier congrès du Parti travailliste.
Dans un premier temps, le Deputy Chief Executive Officer d’AML, qui était à couteaux tirés avec le No1 de cet organisme, avait été suspendu de ses fonctions en marge des délibérations d’un comité disciplinaire. Par la suite, Shiv Nemchand devait soumettre sa démission d’AML alors que l’enquête de l’ICAC était enclenchée. Pour les enquêteurs de la commission anti-corruption, sa responsabilité dans cette affaire d’approbation des « Payment Vouchers » est engagée vu qu’il avait sous ses attributions professionnelles le contrôle de l’administration, des finances, du marketing et de la gestion du personnel, de même que les procédures du Tender Committee.
Le Supervisor d’AML et Landscaping Officer Viswadanand Ramjus s’est pour sa part retrouvé sur le banc des accusés pour quasiment le même délit que le Deputy Chief Executive Officer, soit l’approbation, de manière illégale, de 100 « Payment Vouchers » au contracteur, favorisé par la formule visant à scinder les contrats. Il lui est également reproché de n’avoir pas assuré le contrôle des travaux exécutés car des paiements ont été effectués pour des travaux fictifs à l’aéroport.
L’entrepreneur, Ramdeo Peehary, a, lui, été épinglé pour le délit de « Money Laundering » sur une centaine de « Payment Vouchers » émis en son nom par AML.
L’enquête de l’ICAC, initiée en mai dernier – avec une série de perquisitions et de saisies de dossiers au siège d’AML –, doit être avalisée par l’Office of the Director of Public Prosecutions avant tout procès instruit devant les instances judiciaires compétentes.