Trois semaines déjà que le MV Benita, cargo de 45 000 tonnes battant pavillon libérien, est drossé sur des récifs au large de Mahébourg. Mais les solutions eco-friendly en vue de désincarcérer le cargo en détresse, prisonnier d’une énorme roche basaltique, ayant perforé la coque à la hauteur de la cale No 5, font encore l’objet d’études. Depuis le début de la semaine, l’expert américain de la firme DEMEX International, travaillant de concert avec des Salvors de Five Oceans Salvage et sous la supervision de la Special Mobile Force (SMF), entreprend une série de tests de dynamitage. Toutefois, au niveau de la cellule de crise, qui se réunit quotidiennement pour faire le suivi, l’on affirme avec force qu’aucune décision n’a encore été prise quant à la solution qui sera adoptée.
Les travaux de préparatifs pour l’étape du renflouage se poursuivent à bord du MV Benita, dont les moteurs auxiliaires ont été remis en marche en début de semaine. La société DEMEX International tente de convaincre les autorités mauriciennes que le blasting à la dynamite de la roche basaltique des récifs au large de Mahébourg, ayant emprisonné le cargo libérien depuis le 18 juin dernier, serait sans risques. Pour faire la démonstration, le spécialiste américain mène une série de tests à la dynamite dans une carrière de roche basaltique. Ces explosions contrôlées sont effectuées sous le contrôle de la Special Mobile Force avec une nouvelle série annoncée pour vendredi. À ce jour, aucun détail n’a transpiré sur les premiers essais menés lundi. Des spécialistes en la matière avancent que « tests are run with detonating cord, a thin, flexible plastic tube typically filled with pentaerythritol tetranitrate (PETN). It is used as a fuse to chain together multiple explosive charges for synchronous detonation, or on its own in light applications like severing cables or pilings ».
De leur côté, les autorités locales veulent obtenir la garantie formelle que l’utilisation de dynamite pour libérer le MV Benita de l’emprise de cette roche basaltique n’aura pas de répercussions néfastes sur la faune et la flore marines. Ainsi, les conclusions des dry runs à la dynamite demain devront s’avérer déterminantes pour la suite des opérations. Toute décision ne devra intervenir que dans le week-end après des consultations entre les stakeholders sur la base du rapport soumis par l’expert de DEMEX International.
« Aucune décision n’a encore été prise au sujet des explosions contrôlées à la dynamite. Des essais sous stricte supervision sont en cours dans une carrière pour évaluer les risques à l’environnement marin. Tout dépendra des résultats mais il n’est pas exclu que des moyens hydrauliques et même le recours à l’utilisation de breakers soient privilégiés. Mais il faudra attendre au moins le week-end et même le début de la semaine prochaine pour en savoir davantage », fait comprendre une source autorisée siégeant sur la cellule de crise.
En parallèle, les travaux préparatifs à bord du MV Benita se poursuivent avec le déploiement d’une équipe de 45 Salvage Personnel, dont 25 soudeurs et ajusteurs pour sceller les cales et compartiments en vue de les rendre étanches pour l’opération de renflouage. Même si à ce jour, les risques d’oil spill ont été grandement atténués avec le transfert par hélicoptère de quelque 150 containers spécialisés d’huile lourde et autres polluants, des indications sont qu’il existe encore à bord du cargo une « substantial quantity of fuel oils in the two double bottom tanks ». Des démarches sont entreprises pour pomper cette huile lourde avant toute opération de renflouage. Officiellement, les autorités indiquent que « no further oil residue or pollution has been observed around the vessel, although anti-pollution booms remain in place along the surrounding shoreline as a precaution ».
D’autre part, la stabilité du MV Benita est doublement assurée avec l’arrivée depuis lundi sur la zone de détresse d’un second remorqueur d’une capacité plus importante, le Coral Sea FOS, qui est rattaché à la proue du bateau. Ce remorqueur, venu de Dubaï, prête main-forte au Ionian Sea FOS, dépêché sur les lieux du naufrage depuis trois semaines. Par ailleurs, la Salvage Team de Five Oceans Salvage est parvenue à redémarrer les moteurs auxiliaires du cargo, permettant la mise en opération des grues et des treuils alors qu’avec la fissure causée dans la coque par la roche basaltique, des cales et la salle des machines sont inondées.