L’ancien conseiller travailliste à Curepipe Clency Lajoie a été entendu par l’Equal Opportunities Commission (EOC), mardi, suite à sa lettre concernant la discrimination basée sur l’opinion politique. Il voulait attirer l’attention de la commission sur les menaces de certains membres de la majorité envers les électeurs des villes qui voteraient pour l’opposition. Cependant, l’EOC laisse comprendre qu’elle n’est pas habilitée à émettre des directives et encore moins des rappels à l’ordre.
« Je considère que l’Equal Opportunities Act est l’une des plus belles réalisations politiques de ce gouvernement. Mais ce serait dommage que les dirigeants politiques qui l’ont votée commencent à la bafouer. » C’est ainsi que Clency Lajoie explique sa démarche de se tourner vers l’Equal Opportunities Commission.
L’ancien conseiller précise qu’il n’a pas porté plainte à la commission, mais qu’il voulait simplement interpeller les principaux concernés. Dans sa lettre à la commission, Clency Lajoie relève des déclarations des membres de la majorité « menaçant les électeurs des villes de sanctions s’ils ne votaient pas en faveur des candidats de l’Alliance gouvernementale » et répercutées dans la presse. Selon lui, « de telles déclarations constituent un non-respect de l’Equal Opportunities Act 2008. »
Clency Lajoie demande ainsi à la commission de « rappeler publiquement à l’ordre les dirigeants politiques engagés dans la campagne électorale et, par là même, en profiter pour faire passer un message auprès des électeurs quant à leur droit à la liberté d’opinion politique. »
Pour Clency Lajoie, si les citoyens, incluant les politiciens, s’approprient l’Equal Opportunities Act (EOA) et parviennent à la mettre en pratique, la société sera appelée à changer. « Je crois en l’EOA et je crois en la commission, d’où ma démarche. »
Toutefois, le président de l’EOC, lui, a tenu à faire ressortir : « Il n’y a pas d’affaire Lajoie. Primo, parce qu’il n’y a pas de plainte logée chez nous. M. Lajoie nous a fait bien comprendre qu’il ne souhaitait pas en loger une. Secundo, la requête de M. Lajoie outrepasse notre mandat. Nous ne sommes pas habilités à émettre des directives et encore moins des rappels à l’ordre. »
Qui plus est, ajoute Brian Glover, il existe des institutions plus appropriées s’agissant du déroulement d’une campagne électorale. « Par ailleurs, en ce qui concerne une possible discrimination de citadins sur la base de l’opinion politique, il convient de souligner qu’une discrimination c’est un traitement moins favorable d’un groupe de personnes au profit d’un autre groupe eu égard à leurs opinions politiques respectives. Or, il n’est pas de faux de penser que les villes comptent des habitants de bords politiques différents et variés. »
Le président de l’EOC poursuit : « Si nous suivons la logique de M. Lajoie, nous comprenons que la partie lésée serait l’ensemble des habitants d’une ville et non un groupe de personnes en particulier identifié par rapport à leur vote si d’aventure, contre toute probabilité, l’acte de l’isoloir pouvait être connu. »