Évoquant le “Blue Bay Marine Park Management Park” (étude commanditée par le ministère de la Pêche, soumis au gouvernement en septembre 2012, mais jamais rendu public jusqu’ici), le vice-président de l’Ong Eco-Sud, Sébastien Sauvage, affirme que le gouvernement lui-même a, dans ce document, mis en garde contre les effets dévastateurs de tout nouveau projet de construction dans le parc marin de Blue-Bay, et plus spécifiquement contre le projet hôtelier du groupe Currimjee Jeewanjee, Le Chanland Resort.
« Le ministère de la Pêche, qui est responsable de la protection marine et de la préservation de nos écosystèmes côtiers, avait commandité l’élaboration d’un plan de gestion pour le parc marin de Blue-Bay, qui est un site protégé par la Convention de Ramsar », explique le vice-président de l’Ong Eco-Sud, Sébastien Sauvage, dans une déclaration au Mauricien. Ce projet, poursuit notre interlocuteur, a bénéficié de la collaboration, entre autres, d’Eco-Sud, de la Mauritius Marine Conservation Society, et a été financé par la Global Environment Facility (GEF). Le plan de gestion du Parc marin de Blue-Bay a donc été soumis au gouvernement en septembre 2012. « Et pour des raisons évidentes, le plan de gestion n’a jamais été rendu public, ni même mis en oeuvre. Il dort dans un tiroir depuis septembre 2012 », déplore Sébastien Sauvage, qui se félicite néanmoins d’avoir eu une copie du document.
S’en suit un extrait du document du Blue Bay Marine Park Management Park, qui relate à la page 41 : « Uncontrolled coastal construction and development activities will pose a serious threat to coastal and marine ecosystem health due to increases in waste (water and solid) disposal, physical habitat disturbance and loss, sedimentation and turbidity and other issues. At least one application for new hotel construction along the relatively undisturbed La-Cambuse coast is pending approval. If approved, this development could have serious consequences for coastal and marine ecosystem health. »
« Cette étude gouvernementale fait référence spécifiquement à ce projet hôtelier du groupe Currimjee Jeewanjee, » relève Sébastien Sauvage. Le gouvernement affirme en effet que ce projet est une « serious threat to coastal and marine ecosystem health » (sérieuse menace à la santé de l’écosystème marin et côtier) du Park Marin de Blue-Bay, cite le vice-président de l’Ong Eco-Sud. D’après ses constatations, le parc marin de Blue-Bay « souffre déjà » de la présence d’un hôtel, à savoir le Shandrani, qui a un parcours de golf au bord du parc marin et qui a aménagé un « sky lance » au coeur même de ce site protégé par la Convention de Ramsar.
« À cause du tort que tout cela fait déjà au parc marin, on aurait dû déjà avoir immédiatement cessé toutes ces activités néfastes à l’environnement. Maintenant, on compte y ajouter un nouvel hôtel à La Cambuse. Nous n’avons aucun doute là-dessus, le parc marin mourra d’ici 10 ans », alerte Sébastien Sauvage. Comme fait, il relève que plus de 40% des coraux présents sont en train de mourir. Parmi eux se trouvent des “brain corals”, des coraux ayant pris des millénaires pour atteindre leur taille actuelle. « C’est une honte », témoigne le vice-président de l’Ong Eco-Sud.
Samedi dernier, Eco-Sud, le Forum des Citoyens Libres, le Mouvement Sov Nou Laplaz et des citoyens engagés ont convié la presse à La Cambuse pour leur montrer la menace qui pèse sur le parc marin de Blue-Bay face au projet Le Chaland Resort, du groupe Currimjee Jeewanjee. « Dans leur campagne de communication, les promoteurs n’ont pas tout dit. Notamment que leur projet réduira drastiquement l’espace public à La Cambuse », indique Sébastien Sauvage.