Les tiraillements enregistrés au MMM depuis les élections internes de ce parti devraient prendre fin bientôt. On va vers une clarification définitive qui devrait permettre au parti de se préparer dans les meilleurs conditions, du moins pour les prochaines municipales.
Une réunion du Bureau politique s’est tenue hier et a décidé que des sanctions à l’encontre de ceux qui ont tenu des rencontres régulières avec le trio démissionnaire Barbier-Lesjongard-Sorefan seront discutées lors d’une réunion spéciale du Comité central du MMM fixé pour ce mardi 21 avril.
Une décision sera prise à la lumière des événements d’ici là, laissait entendre hier la direction du MMM, qui se disait certes “triste”, mais complètement “dégoûtée” aussi que des dirigeants insatisfaits du début de réforme et de rajeunissement des instances au parti depuis le dernier scrutin interne passent leur temps à fomenter un coup dont le but ultime est de faire perdre son siège de leader de l’opposition à Paul Bérenger, à défaut de lui ravir celui de leader du MMM.
Après la rencontre d’Ébène du samedi 4 avril qui avait réuni Alan Ganoo, Kavi Ramano, Steve Obeegadoo, Dev Ramnah et Soodesh Roopun au restaurant d’Atma Bummah, d’autres réunions se sont tenues en vue de peaufiner une stratégie de déstabilisation continue du MMM avec des démissions orchestrées comme celles du N°11 dimanche dernier et présentées comme massives mais qui ont été démenties avec force jeudi par les responsables du comité régional encadrés par Dave Kissoondoyal, Sundee Beedassy, Nitin Jeeha et Jules Laval Paul.
Dans leur stratégie de miner le parti de l’intérieur, certains s’organisent aussi pour laisser filtrer des informations qui sont à leur avantage après les réunions des instances du MMM. S’ils sont volubiles sur les délibérations du MMM, les dissidents sont plus avares de commentaires sur leurs petites réunions quasi-quotidiennes.
Après celle qui a été organisée mardi à Belle Rose qui a réuni les trois députés démissionnaires Jean-Claude Barbier, Raffick Sorefan et Joe Lesjongard, et Dev Ramnah et autre Soodesh Roopun, une réunion “décisive” était annoncée pour hier soir à Pointe d’Esny, où un des protagonistes possède un bungalow avec, toujours comme invités vedettes Alan Ganoo, Kavi Ramano et Steve Obeegadoo.
Le point d’orgue reste le poste de leader de l’opposition au sujet duquel le titulaire, Paul Bérenger a publiquement dit sur une radio privée le 1er avril dernier que le perdre “ne serait pas la fin du monde”. Les “frustrés” du MMM, comme les décrivent leurs détracteurs, se sont mis en tête de s’approprier ce poste mais le compte n’y est pas encore pour réussir ce coup-là.
Même si Alan Ganoo – mécontent surtout d’être passé du poste de Deputy Leader à celui de président mais qui a aussi dit ne pas avoir apprécié que Paul Bérenger, ait dit son désaccord qu’il ait présenté comme la condition première de l’alliance avec les rouges le fait qu’il soit présenté comme Premier ministre pendant cinq ans – démissionne du MMM et qu’il rejoint les trois démissionnaires et que Kavi Ramano lui emboîte le pas et rejoint le MSM comme le laisse entendre son entourage, le compte n’y sera toujours pas.
Leader de                 l’opposition              “à l’israélienne”
Le MMM disposera toujours de 7 sièges contre 5 aux dissidents et 4 au PTr. C’est dans cette perspective que certains des dissidents du MMM ont ouvert une ligne de communication avec des élus travaillistes dans le but d’aboutir à un arrangement. Un des protagonistes aurait même suggéré une formule de “leader de l’opposition à l’israélienne”, une moitié de mandat pour Alan Ganoo et une autre moitié pour Shakeel Mohamed mais, interrogés, un des dissidents a parlé de “boutade”. C’est une information que dément formellement Alan Ganoo dans une déclaration plus loin.
Du côté des rouges, la proposition ne séduit pas et on affirme que ce n’est pas aux députés de décider individuellement de la stratégie du parti mais à la direction. Les travaillistes ne veulent pas passer pour des ingrats et ils se souviennent, qu’après la révocation de Paul Bérenger comme ministre en août 1993, et que le MMM était passé dans l’opposition avec ses 15 députés, Navin Ramgoolam était resté leader de l’opposition alors que le nombre de ses élus n’était que de 10.
Quoi qu’il en soit, les échos parvenant des discussions au MMM laissent entendre que le temps est venu de “crever l’abcès” et que si le parti doit pouvoir travailler dans le dialogue et la démocratie, il doit aussi pouvoir le faire dans la sérénité et ne pas être à la merci de “quelques frustrés prompts à aller exposer leur état d’âme dans les médias”.
Le MMM est prêt à faire face à la situation, même si cela signifie que de grands remous sont à l’horizon. Un cadre du MMM, qui s’était fait discret mais qui semble avoir retrouvé son optimisme, tient à relativiser et à prendre l’histoire politique récente à témoin.
Il affirme que le tir de barrage médiatique, quotidien sur certaines radios, contre le MMM et son leader est tout à fait exceptionnel et qu’il ne se souvient pas avoir assisté à un tel déferlement de critiques et de récriminations haineuses après la défaite de SAJ par un cinglant 60/0 en 1995, ni après la déconvenue du MSM aux municipales d’octobre 1996 et la débâcle personnelle de sir Anerood Jugnauth à l’élection partielle d’avril 1998 à Flacq/Bon Accueil. Ce qui, rappelle-t-il, ne l’a pas empêché de revenir, à 70 ans, aux affaires en 2000.
Aucun souvenir non plus, martèle-t-il, du même “acharnement personnel”, comme c’est le cas pour Paul Bérenger actuellement, contre Navin Ramgoolam, lui qui avait fait élire seulement trois députés en 1991 et rien que six autres après 2000 et qui s’est retrouvé Premier ministre pour neuf ans avec la complicité du PMSD et du MSM. Il ne lui restait plus qu’à sortir le fameux “la lutte continue” !