Après mille tergiversations, pour des raisons évidentes du reste, la décision de confier l’organisation des Jeux d’Afrique à l’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique (ACNOA) a été enfin entérinée par l’Union Africaine. C’était du 17 au 22 octobre dernier lors de la réunion de cette instance à Addis Abeba, en Éthiopie où  l’organisation des prochains Jeux d’Afrique au Congo et de tous ceux qui s’ensuivront a été confiée à l’ACNOA et à l’Union of Africa Sports Confederations (AASC), qui sera responsable de la partie technique de ces Jeux.
Cette réunion de l’UA, à laquelle ont assisté le Général Lassana Palenfo, président de l’ACNOA, et ses deux vices-présidents, Mustapha Berraf et Joao Manuel Da Costa Alegré Afonso, a été aussi l’occasion pour les gouvernements membres de l’UA de mettre en place une nouvelle structure pour remplacer le Conseil Supérieur du Sports en Afrique (CSSA) qui était jusqu’ici responsable de l’organisation des Jeux d’Afrique. Il s’agit, en effet, du Conseil Consultatif du Sports en Afrique, qui aura pour pied-à-terre  Yaoundé au Cameroun. Du coup, le CSSA sera officiellement dissous lors de sa prochaine assemblée générale qui aura lieu en janvier 2012 à Abuja au Nigeria.
 Épreuve qualificative pour les JO
 «Je suis certain qu’ensemble nous allons pouvoir organiser des Jeux de première classe pour l’Afrique, comme c’est le cas pour les autres continents, en faisant de ces Jeux une épreuve qualificative pour les Jeux Olympiques», a d’emblée soutenu le général Palenfo dans un communiqué de l’ANCOA rendu officiel le 23 octobre dernier. Il va  sans dire qu’avec cette décision de confier à l’ACNOA l’organisation de ces Jeux, une étape importante a été franchie dans la vie du sport africain depuis l’organisation  des 1ers Jeux en 1965 au Congo-Brazzaville. En effet, malgré l’évolution du sport sur la scène internationale et l’importance que prenaient les jeux continentaux en prélude des Jeux Olympiques; les Jeux d’Afrique  restaient à la traîne puisque très peu de fédérations internationales considéraient ce rendez-vous comme une étape de qualification pour les JO. Ce qui veut aussi dire que les meilleurs athlètes africains ne s’intéressaient pas à cette manifestation.
Dans 4 années au Congo-Brazzaville où se tiendront les 11es Jeux d’Afrique les choses vont donc changer dans le fond comme dans la forme. Avec l’entrée de l’ACNOA comme organisateur, à l’image du CIO pour les Jeux Olympiques, cela veut implacablement dire que le Comité International Olympique (CIO) sera appelé à donner son soutien total à cette organisation. Ce qui veut aussi dire que les partenaires financiers seront beaucoup plus importants dans cette nouvelle mise en place. Le président de l’ACNOA n’a pas tort de souligner dans son communiqué que les Jeux d’Afrique vont prendre une autre dimension, voire une autre orientation. «Désormais, la participation de l’élite africaine sera assurée puisque ces Jeux seront une étape obligatoire dans leur carrière. La confiance qui a été mise dans l’ACNOA et l’AASC pour l’organisation de ces Jeux d’Afrique ouvrira, sans aucun doute, des nouvelles avenues, pour des ‘meaningful partnership’ avec des sponsors et autres instituts internationaux de sport», a souligné le général Palenfo.
Il faut savoir que c’est à la suite d’une séance de travail en 2009 de l’Union Africaine avec le thème de «Consolidating African Renaissance through Sports» qui consistait à redéfinir les futures structures du sport en Afrique que l’idée de passer la main de l’organisation des Jeux d’Afrique à l’ACNOA a été émise. Cela a pris du temps pour se concrétiser après un rapport des experts qui a été étudié et appliqué lors de la dernière réunion  de l’Union Africaine à Addis Abeba, du 17 au 22 octobre dernier.
A Maurice, le président du CON, Philippe Hao Thyn Voon, s’est félicité de cette décision. «C’était long overdue, car les Jeux d’Afrique souffraient d’un manque de soutien financier et de considération. Aujourd’hui, les sportifs africains peuvent envisager des Jeux beaucoup plus professionnels dans leur organisation du fait que le CIO aura aussi son mot à dire et accordera son financement», a-t-il soutenu à Week-End.