Au cours de la période coloniale, plusieurs espèces d’oiseaux furent introduites à Maurice pour les besoins de la chasse. Surnommés game birds, ces volatiles comprenaient, entre autres, cailles, perdrix, francolins gris et pintades. Aujourd’hui, seul la perdrix, que l’on peut apercevoir aux abords des champs de cannes, a survécu à l’état sauvage. Cailles et pintades sont présentes dans l’île en élevage alors que le francolin gris a complètement disparu.
Les game birds regroupent un large éventail d’oiseaux : faisans, canards, oies, dindes et bécasses, entre autres. Ces espèces sont chassées à travers le monde pour leur chair mais également pour le sport. Parmi elles, la perdrix peut toujours être trouvée à l’état sauvage à Maurice. Vous avez sans doute remarqué ces petits oiseaux marron, visibles souvent en couples, traversant les routes bordées de champs de cannes.
Habitats.
Ces petits oiseaux ont pu s’établir à Maurice et vivent aujourd’hui en totale liberté, surtout dans les champs de cannes où ils trouvent un habitat parfait et de quoi se nourrir. On les rencontre également dans les forêts secondaires (forêts qui ont disparu et qui ont repoussé). “Les perdrix sont omnivores. Elles peuvent donc se nourrir de plusieurs types de nourritures, allant des insectes aux fruits”, souligne Vikash Tatayah de la Mauritian Wildlife Foundation. On peut les voir sur le sol, en train de marcher ou de courir, mais les perdrix sont capables de voler. La preuve : une petite colonie s’est formée à l’île aux Aigrettes et survit parmi les espèces indigènes s’y trouvant, sans toutefois influencer l’écosystème. Il ne serait d’ailleurs guère étonnant d’en trouver sur les autres îlots qui sont proches des côtes mauriciennes si toutes les conditions pour leur survie sont réunies en termes d’habitat et de nourriture.
Caille.
En revanche, la caille n’a pas connu le même destin. Ce volatile migrateur a tout simplement disparu à l’état sauvage du sol mauricien. Outre les dangers qui les guettaient à cause des chasseurs, ces oiseaux étaient également prisés par les mangoustes, qui furent introduites pratiquement au même moment. “C’est en quelque sorte une énigme. En Inde, les mangoustes et les cailles cohabitent sans aucun problème”, soutient Vikash Tatayah.
Quatre ou cinq espèces de perdrix et de cailles furent introduites à Maurice. Parmi elles, la blue breasted quail et la Madagascar button quail (pour les cailles), ainsi qu’une espèce de perdrix, la Madagascar Partridge.
Coturniculture.
Mais les cailles ont laissé des traces à Maurice. Certains supermarchés mettent à la disposition de leurs clients des oeufs de caille, qui trouvent preneurs assez facilement, selon nos renseignements. La coturniculture (nom donné à l’élevage de cailles) a été initiée à Maurice, vraisemblablement dans l’est du pays. Malheureusement, le groupe qui commercialise cette denrée n’a pas souhaité donner des informations sur ses activités.
Les pintades ont également disparu à l’état sauvage. Prisées pour leur chair, on les retrouve cependant en élevage. Ce gros volatile originaire d’Afrique et ressemblant à la dinde est très prisé en cuisine et se nourrit de graines. Reconnaissable à son plumage gris, l’oiseau était utilisé comme offrande aux dieux par les Grecs et les Romains. Il fut surnommé poule d’Inde au Moyen Âge, puis poule du pharaon plus tard.
Francolin gris.
Par ailleurs, il ne reste plus aucune trace du francolin gris. Ressemblant à s’y méprendre à la perdrix, ce volatile fut également introduit à Maurice. Comme la perdrix, il est omnivore, mais serait susceptible de s’attaquer à de plus grosses proies : des serpents, par exemple. Originaire de la région de l’Himalaya, on peut le trouver au Sri Lanka, au Pakistan et dans le nord de l’Afrique. Soulignons qu’il existe plusieurs espèces de francolins, une quarantaine au total.