Le succès teinté de scandale rencontré par Le portrait de Dorian Gray n’est pas dû seulement à son intrigue fantastique. La réputation sulfureuse d’homosexuel devant l’Éternel que traîne Oscar Wilde y contribue pour beaucoup. Il n’en est pas moins esthète, fin poète, écrivain fantastique et dramaturge brillant. Un dandy excentrique aux réparties fulgurantes. Wilde est venu au monde le 16 octobre 1854.
Oscar Wilde fréquente les milieux littéraires et aristocratiques. Son apparence et son excentricité ne passent pas inaperçues. En 1881, son premier recueil de poèmes est accueilli avec dévotion par les artistes fin-de-siècle; le grand monde victorien lève les sourcils, mais finit par accepter le jeune prodige. Il rencontre à Paris les écrivains en vogue, dont Marcel Proust et André Gide. L’actrice Sarah Bernhardt l’envoûte.
C’est dans le numéro de juillet 1890 de Lippincott’s Monthly Magazine qu’Oscar Wilde publie d’abord son unique roman, Le portrait de Dorian Gray. Cette apologie de la beauté est aussitôt accusée de corrompre la jeunesse. L’intéressé répond aux critiques : “Un livre n’est point moral ou immoral. Il est bien ou mal écrit. C’est tout.” L’année suivante, l’ouvrage paraît en volume, augmenté de six chapitres. L’Angleterre victorienne s’étrangle, les lecteurs s’arrachent le livre. La carrière littéraire d’Oscar Wilde est lancée.