La Journée mondiale de l’Ostéoporose a été observée le 20 octobre dernier. Cette maladie n’affecte pas que des femmes au-dessus de 50 ans. La perte osseuse survient souvent comme une conséquence directe du lupus et affecte les patients dès leur jeune âge. Lorsque les reins des patients sont affectés, le taux de calcium est réduit dans le sang, de même que la production de vitamine D, qui aide à son absorption. Outre ce facteur directement lié à la maladie, Lupus Alert tire la sonnette d’alarme sur « les trop fortes doses de corticoïdes souvent prescrites aux patients », médicaments associés à la perte significative de la masse osseuse. À Maurice, quelque 3 000 personnes souffriraient du Lupus.
Déjà, fait ressortir l’Ong Lupus Alert, sans la prise de ces médicaments, le simple fait de souffrir de cette maladie expose le patient à plus de risques de perte de masse osseuse. « Lorsque les vaisseaux sanguins sont enflammés, ils peuvent bloquer la circulation du sang vers les cellules osseuses, fragilisant les os. » Ce pourquoi l’Ong attire l’attention des jeunes patients atteints de lupus pour qu’ils prennent conscience de ce risque dès leur puberté. « Ils peuvent avoir une fracture avant l’âge de 45 ans. »
Les risques sont encore plus élevés avec « la prise de corticostéroïdes (cortisones) », selon l’association. « Rien que pour une période de trois à six mois, les patients sont exposés à l’ostéoporose et les recherches ont démontré qu’une personne sur trois prenant ce médicament pendant une année ou plus se brisera éventuellement un os. » Autre facteur de risque pour les patients de lupus : la majorité sont des femmes, et donc un groupe déjà à risque élevé pour développer l’ostéoporose.
Selon Babs Vencatasamy, de Lupus Alert, le problème s’aggrave lorsque les doses de corticoïdes prises sont fortes. « Aujourd’hui, les médecins comprennent un peu mieux le dosage. Ceux diagnostiqués il y a dix ou douze ans recevaient de fortes doses, soit entre 80 à 90 mg, ce qui est énorme ! Selon Lupus Canada,  les médicaments glucocorticoïdes sont associés à la perte significative de la masse osseuse parce qu’ils diminuent la capacité de l’intestin à absorber le calcium, empêchant ainsi la formation des os. Le risque augmente avec des doses plus élevées (7,5 mg par jour ou plus) et une utilisation plus longue (trois mois ou plus). En moyenne, 30-50% de personnes sous corticostéroïdes à long terme feront l’expérience d’une fracture si elles ne sont pas traitées pour l’ostéoporose. »
Le chirurgien orthopédiste Indraduth Chunnoo indique qu’autrefois les médecins « ne pensaient pas à augmenter les doses de calcium quand les patients prenaient des corticoïdes ». Il explique que le lupus étant une affection chronique provoquant l’inflammation des articulations, « de plus fortes doses de cortisone sont prescrites » pour diminuer l’inflammation. « Mais, à la longue, le patient développe de l’ostéoporose. Il faut prendre du calcium pour compenser : 1 000 mg et 1 500 mg si on est plus âgé, et aussi de la vitamine D pour augmenter l’absorption. Il faut toujours demander l’avis du médecin. »
Le Dr Chunnoo recommande un diagnostic précoce de la densité minérale osseuse chez les patients atteints de lupus. Ce que préconise également Lupus Alert, qui organise régulièrement ces tests chez les patients prenant les stéroïdes. « Les jeunes suivant ce traitement peuvent souffrir d’ostéoporose à un degré sévère et, ainsi, subir une chirurgie pour remplacer la hanche, par exemple. Durant les dernières années, les patients venant de milieux vulnérables ont effectué un test de la densité de l’os dans une clinique privée, car l’appareil DEXA mesurant la densité osseuse de la colonne vertébrale, de la hanche ou du corps n’est pas disponible dans les hôpitaux. »
En guise de prévention, le Dr Chunnoo conseille d’éviter de faire des chutes, car celles-ci peuvent provoquer des fractures. D’autant que les fractures peuvent être « sans douleur ». Parmi les autres facteurs de risques pour les personnes souffrant de lupus : le manque d’activité physique. La maladie occasionnant souvent de la douleur et la fatigue, il est plus difficile de faire du sport. Par ailleurs, si le soleil est la source la plus commune en vitamine D, qui est essentielle pour des os en santé, les malades atteints de lupus doivent éviter le soleil pour prévenir des poussées de symptômes.
Lupus Canada explique : « La majorité des personnes ne soupçonnent pas qu’elles sont atteintes d’ostéoporose avant qu’elles ne découvrent qu’elles l’ont depuis longtemps. Le premier signe annonciateur pourrait être une soudaine douleur aiguë dans le dos (spécialement au milieu) qui semble être venue sans raison. Une douleur aiguë dans le dos, aux côtes, à la hanche ou au poignet qui ne s’en va pas après une chute (même légère) pourrait indiquer une fracture de l’os. » De plus, « plusieurs personnes n’ont aucun signe ou symptôme d’ostéoporose avant de se fracturer un membre, auquel moment alors leur état est passablement avancé ». Si les patients atteints de lupus sont à haut risque de développer l’ostéoporose, ils peuvent en revanche identifier leurs facteurs de risques et prendre les mesures nécessaires pour les diminuer et prévenir la perte de densité osseuse et les fractures.