L’Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius (OTAM) a tenu hier sa onzième assemblée générale au Clos-St-Louis au Domaine-Les Pailles, suivi d’un cocktail où le ministre des Technologies de la Communication et de l’Innovation, Pravind Jugnauth, était l’invité d’honneur. Plus tôt, l’association des opérateurs du secteur des TIC et de l’externalisation a analysé les différents enjeux de l’industrie en termes d’objectifs, de contraintes et de propositions au gouvernement pour positionner Maurice comme un pôle d’excellence africain du secteur.
Cette année, l’OTAM a pour projet de créer un portail pour le secteur des TIC/BPO avec comme objectif d’accroître la visibilité de ces membres sur le Web et promouvoir le pays comme un centre d’excellence pour les TIC et l’externalisation. L’association travaille également sur un IT Conversion Programme, un projet visant les « non IT-graduates » sans emploi. Plusieurs compagnies telles qu’Accenture, Ceridian, Bhumishq, DCDM et Orange Business Services sont impliqués dans le projet. Le but est de mettre en oeuvre un « Postgraduate diploma » avec un accent fort sur la pratique pour faciliter la conversion des « non-IT graduates » aux métiers de l’informatique.
Troisième pilier de l’économie mauricienne, le secteur TIC/BPO emploie plus de 17 000 personnes et sa contribution au Produit intérieur brut (PIB) tourne autour de 6, 4 %. À cet effet, l’OTAM souhaite vivement un retour à une croissance à deux chiffres. L’association, avec à sa présidence Charles Cartier, a pour ambition de positionner Maurice comme un pôle d’excellence africain du secteur TIC/BPO et, pour accélérer la croissance de cette industrie, une liste de propositions au gouvernement a été établie en marge du Budget. S’il est vrai que Maurice dispose de plusieurs atouts, le pays reste tout de même désavantagé par rapport à la main-d’oeuvre formée et son pool de talents limité, et ses coûts comme destination. Il n’est plus un secret que les entreprises doivent se tourner vers de la main-d’oeuvre étrangère faute de pouvoir trouver localement les profils recherchés pour remplir les postes spécifiques avec des compétences bien précises.
L’OTAM a de ce fait formulé une série de propositions pour faire face à ces contraintes, telle que l’abolition de la limite imposée quant au recours à des expatriés pour les nouvelles compagnies des TIC/BPO souhaitant recruter plus de 100 employés durant leurs premières années d’opération. L’association suggère également que les compagnies existantes disposent de plus de flexibilités pour recruter des travailleurs étrangers suivant un quota de 50 % de son effectif. Sans l’abolition de cette limite, des grandes pointures comme Accenture, Wipro, Genpact, IBM ou encore Xeros, qui opèrent des centres employant plus de 10 000 personnes en Indonésie ou à Bangalore, déclarent qu’elles ne pourraient atteindre une forte croissance à Maurice. Selon l’OTAM, cette mesure changerait la donne car Maurice attire de la main-d’oeuvre venant de Chine, d’Inde et d’Afrique.
Autre contrainte majeure avancée par l’OTAM, le coût de la destination qui monte en flèche avec la dépréciation de l’euro. Un réajustement de la valeur de la roupie par rapport à l’euro, de Rs 40 à Rs 45, contribuerait à atteindre une croissance à double chiffre, selon l’association. De plus, un réajustement de l’euro à Rs 50 contribuerait à croître l’industrie par deux en trois à cinq ans. Selon l’OTAM, l’investissement de ces trois dernières années au niveau du BPO a été faible tandis que la cote d’autres destinations moins chères avec des coûts moins élevés a augmenté. « Le secteur des TIC/BPO en Afrique du Sud, au Ghana, à Madagascar et dans les pays d’Afrique du Nord prospère beaucoup plus vite que le secteur TIC/BPO local. Ces pays retiennent davantage l’attention d’investisseurs qui visent le marché africain », d’après l’OTAM. « Sans mesures promptes, le pays pourrait passer à côté d’une énorme opportunité d’atteindre son but de se positionner comme un pôle d’excellence africain du secteur TIC/BPO ».