Voilà dix ans que la billetterie électronique Ôtayô apporte sa pierre à cet édifice souvent négligé qu’est la culture à Maurice. Dix ans de partenariat avec les acteurs de l’événementiel en faisant office de pont entre le public et les artistes à travers la vente des billets. Véronique Mongelard, directrice de l’entreprise, nous raconte comment Ôtayô s’est réinventé au fils des années.
“Ôtayô, c’est des conseils et services à l’événementiel et à la culture. Nous ne sommes pas qu’une entreprise de billetterie”, lance Véronique Mongelard, directrice de cette entreprise depuis 2009. L’entreprise fête ses dix ans d’existence cette année et offre comme cadeau à sa clientèle “la première application mobile culturelle”. “Ôtayo a aussi d’autres pouvoirs, on va élargir nos activités. L’entreprise reste une billetterie mais elle fait de l’information également. L’objectif est de jouer uniquement sur nos acquis et de les asseoir bien comme il faut. Maintenant que nos acquis sont bien assis, nous pouvons entreprendre d’autres projets. Le lancement de notre application mobile est une première étape, d’autres étapes suivront”, ajoute la directrice.
Pionnier.
Pour ceux qui se posent la question, Ôtayô est une contraction du mot en kreol réunionnais Ote et du mot en kreol mauricien Ayo, qui reflète les ambitions régionales de l’entreprise à ses débuts. Dans son domaine, le Rézo Ôtayô fait souvent office de pionnier. Avant de lancer cette application, l’entreprise devenait en 2004 tout simplement la première billetterie mauricienne. Plus tard, au courant de la même année, elle devenait la première billetterie électronique de l’île. En 2009, Ôtayô lance Ayo Culture, le premier magazine culturel de Maurice. “On aime bien réaliser des primeurs. Pour nos dix ans, nous voulions offrir quelque chose de spécial à nos clients. Avec cette application mobile, nos clients pourront être informés de chaque événement important et ne rien rater concernant l’ouverture de vente de billets. L’entrée dans le numérique était incontournable et il fallait que ce soit Ôtayô qui le fasse. Le digital prendra plus de place.”
Il faut dire que 2009 a été une année charnière pour Ôtayô alors que Paul Olsen, son créateur, devient Chairman et que Véronique Mongelard prend les rênes de l’entreprise en tant que directrice. Un problème interne vient entacher la progression de la billetterie électronique. Les décisions qui en découleront influenceront, à partir de là, la ligne directrice de l’entreprise. “Malheureusement on a eu un moment difficile, avec un de nos comptables en 2009, qui fut un petit moment noir de l’entreprise. Le plus gros challenge a été de remonter l’entreprise. Le plus gros défi d’Ôtayô, après la restructuration en 2009, était de travailler sur un nouveau business model. On devient une très petite entreprise avec deux filles au centre d’appel, 1 informaticien et moi comme directrice.”
Anecdote.
Véronique Mongelard confiera que le passage de Jamel Debouzze à Maurice en 2013 a été un des moments forts de la vie de l’entreprise. Et ce pour deux raisons principales. La première est le record de vitesse de vente de billets. “En 3 heures, Ôtayô avait vendu 2 séances de 3500 places, c’était vraiment quelque chose d’extraordinaire”, relate-elle. Ensuite, pour la confiance du producteur dans les conseils prodigués par Ôtayô. “Nous, on savait qu’une seule date ne serait pas suffisante. Nous l’avions dit aux producteurs mais il fallait attendre le feu vert de l’artiste. La réponse est arrivée à 6h du matin, à quelques heures de l’ouverture de la vente des billets. Heureusement que nous avions déjà tout prévu en amont, ce qui est notre façon de fonctionner.” La directrice soutient d’ailleurs que l’application qui vient d’être lancée aurait été d’un apport non négligeable aux clients à ce moment-là. “L’application aurait permis à nos clients de savoir à quel moment précis la vente allait débuter et comment obtenir des billets.”