Alors que Rodrigues en est déjà à sa cinquième édition de la fermeture de la saison de “pik ourites”, Maurice a pris la décision d’imposer cette contrainte en vue de préserver l’environnement et de permettre le renouvellement de cette espèce. Certes, depuis ces dernières années, des tentatives volontaires de limiter la pêche aux ourites dans certaines régions de l’île, notamment dans le Sud, avaient été observées. Toutefois le Conseil des ministres de vendredi a donné son accord pour la promulgation de règlements interdisant ces activités en mer à partir de la mi-août. Entre-temps, Rodrigues se prépare à donner une nouvelle dimension régionale à la fermeture de la saison de la pêche aux ourites le 10 août, le commissaire de la Pêche à l’Assemblée Régionale de Rodrigues, Richard Payendee, annonçant une seconde fermeture à partir de février de l’année prochaine.
 Suite à la décision du gouvernement, entérinée vendredi, le ministère de Pêche s’apprête à mettre en place le cadre légal, soit les Fisheries and Marine Resources (Fishing of Octopus) Regulations, pour clore la saison de pik ourites entre le 15 août et le 15 octobre de chaque année. Tout en accueillant favorablement cette décision allant dans le sens de la préservation de l’environnement marin, des membres de la communauté des pêcheurs, plus particulièrement ceux de la région du Sud, notamment de Baie-du-Cap, du Morne et de Souillac, s’interrogent sur les mesures d’accompagnement.
 « Avec cette décision, ce sont les pêcheurs qui vont être sacrifiés. Nous serons au chômage forcé alors que lors de la réouverture de la saison, n’importe qui peut se transformer en pêcheur d’ourites. Il faut savoir que nous, pêcheurs du Sud, nous utilisons des ourites comme appâts pour nos parties de pêche. De ce fait, nous nous retrouverons en chômage du 15 août au 15 octobre de chaque année. Nous espérons que le gouvernement proposera une formule de compensation sous forme de redéploiement, comme c’est le cas à Rodrigues, en faveur des pêcheurs professionnels affectés par cette mesure », fait-on comprendre dans le camp des pêcheurs, qui attendent de prendre connaissance des dispositions envisagées par le ministère.
 En parallèle, Rodrigues met actuellement les bouchées doubles en vue de la prochaine clôture de la saison des ourites du 10 août au 10 octobre. La cérémonie officielle de fermeture se déroulant à Rivière Banane sera marquée par plusieurs activités. Comme chaque année depuis 2012, la Commission de l’océan Indien (COI), à travers le projet SMARTFish, sera le partenaire de cette initiative. La Mauritius Wildlife et le Rodrigues Council of Social Service collaborent également en mettant à disposition de la Commission de la Pêche des superviseurs pour les travaux alternatifs.
 Massacre des jeunes ourites
 La fermeture de la saison de pêche aux ourites est de plus en plus reconnue au niveau des pays riverains de l’océan Indien. Ainsi, les Seychelles, Zanzibar et l’Ouganda ont montré un intérêt pour ce qui est devenu plus qu’une expérience à Rodrigues. Sous le patronage de la COI, le ministre de Zanzibar effectuera le déplacement à Rodrigues à cette occasion. Deux journalistes de l’Allemagne y seront en vue de réaliser un documentaire consacré à cet événement.
 « Nous allons procéder à deux fermetures saisonnières de la pêche aux ourites parce que nous avons constaté que du mois d’août à octobre, la période de reproduction a donné des résultats escomptés. Toutefois, nous avons dressé un constat aussi que les ourites nées pendant cette période font leur entrée dans le lagon au mois de février. Et malheureusement, nous assistons à un genre de massacre de ces jeunes ourites, ce qui nous pousse à décider à imposer une fermeture de cette pêche pendant tout le mois de février pour les protéger et leur permettre de grandir », soutient Richard Payendee pour justifier cette décision.
 Comme à chaque fermeture, les commerçants et autres individus ayant en leur possession plus de cinq kilos d’ourites devront faire une déclaration auprès de la Commission de la Pêche avant le 10 août sous peine d’être pris en contravention. De strictes mesures de surveillance seront mises en place pendant la saison close pour lutter contre toute tentative de fraude.