Krishna Volthaly Appadu était accusé d’outrage à un agent de l’autorité civile, en violation de la section 156 (3) du code criminel. Le magistrat Daniel Dangeot, siégeant en cour de Savanne, lui a accordé le bénéfice du doute, jugeant les versions données en cour par l’officière « inconsistantes ». Il a aussi considéré le fait qu’elle n’était pas en bons termes avec l’accusé, qui se trouve être le mari de sa cousine.
La poursuite reprochait à Krishna Volthaly Appadu d’avoir insulté la constable Chinniah alors qu’elle se trouvait à Chemin-Grenier le 10 septembre 2012. Selon cette dernière, elle se trouvait près du Citizen Advice Bureau de la localité lorsqu’une voiture s’est arrêtée à son niveau. Le conducteur aurait alors commencé à proférer des insultes. Selon elle, le chauffeur, qui se trouve être le mari de sa cousine, l’aurait insulté à haute voix sur un ton agressif. Et d’ajouter qu’elle aurait rappelé à l’ordre l’accusé, mais que ce dernier aurait refusé et aurait continué sa route vers Belle-Vue. La constable a dit avoir rapporté le cas à la police, précisant que le conducteur était seul au moment du présumé délit.
Pour sa défense, l’accusé – tout en admettant que la constable est la cousine de sa femme et qu’ils n’étaient pas « en bons termes » – a nié avoir été présent ce jour-là à Chemin-Grenier, comme l’a prétendu la présumée victime, rétorquant qu’il se trouvait alors avec sa belle-soeur à la recherche d’un appartement à louer à Mahébourg, celle-ci ayant eu une « dispute avec son mari » la veille. La belle-soeur en question, venue déposer en cour, devait confirmer sa version, attestant qu’elle se trouvait bien avec le suspect en voiture au moment des faits présumé.
Dans son jugement, le magistrat Dangeot a cité un extrait de la section 156 du code criminel concernant le délit d’outrage. « Where the offence is against a ministerial officer, or an agent of the civil or military authorities, the punishment shall be imprisonment for a term not exceeding one year,and a fine not exceeding Rs 25 000. »
Dans le cas présent, le magistrat a estimé que les versions données en cour par la constable étaient « inconsistantes » par rapport à ce qu’elle a rapporté au moment du délit. La plaignante avait en effet déclaré que l’accusé avait ralenti pour l’insulter. Mais lors de son contre-interrogatoire, elle a expliqué que l’accusé avait « arrêté son véhicule » au milieu de la route pour ensuite hausser le ton. Questionnée sur la raison pour laquelle elle n’avait pas donné de contravention au conducteur pour s’être garé au milieu de la route, cette dernière devait répondre que le suspect était parti sans lui donner le temps de l’avertir. Une version qui, selon le magistrat, « n’est pas crédible », la constable ayant dit avoir rappelé à l’ordre l’accusé après qu’il l’ait insulté. De plus, le magistrat a trouvé étrange qu’elle ne puisse fournir de témoins alors que l’incident se serait déroulé en public et, qui plus est, dans la région où elle réside.
Le juge estime enfin que la poursuite n’a pu prouver que l’accusé se trouvait sur les lieux au moment des faits et s’est dit « satisfait » de la version de l’accusé, appuyé en cour par le témoignage de sa belle-soeur. Pour toutes ces raisons, le magistrat a décidé d’accorder le bénéfice du doute à Krishna Volthaly Appadu.