La décision du ministère de la Santé de faire opérer les medi-clinics et par la suite les dispensaires sur une base 24/7 provoque un malaise. Si l’ouverture des medi-clinics sur une base 24/7 est une bonne initiative qui permettrait de donner des soins de proximité au public et de décongestionner les hôpitaux, selon le Nursing Common Front (NCF), regroupant la Nursing Association, la Nurses Union et la Senior Nurses & Other Staff association, c’est sa mise en application du service qui pose problème. Surtout qu’autour de ce projet, il existerait un manque de communication, dit le NCF qui a tenu une conférence de presse vendredi dernier pour dénoncer ce qu’il estime « une décision unilatérale » du ministère. D’autant qu’à ce jour, les  conditions de travail n’ont pas encore été établies correctement. Après une réunion au ministère de la Santé, vendredi dernier, le NCF, qui a soumis ses  propositions, attend une réponse officielle demain pour décider du mot d’ordre qui sera donné aux infirmiers.
Le NCR monte au créneau pour déplorer « la décision unilatérale » du ministère de la Santé qui a annoncé sa décision à l’Assemblée Nationale d’ouvrir les Area Health Centres (AHC) et les medi-clinics sur une base de 24/7. Une décision prise, selon les syndicats des infirmiers, sans aucune communication ni consultation avec eux. « Ce n’est que jeudi, au cours de la soirée, que les AHC et les medi-clinics ont été contactés par le bureau des Regional Nursing Administrators pour être informés que cette nouvelle mesure devrait prendre effet à partir de demain, alors qu’aucune planification n’a été faite au préalable », soutient Ram Nowzadick, président de la Nursing Association et également du NCF.
Or, un infirmier et une infirmière devront, à partir de demain, de 18h à 8h le lendemain matin, être postés dans la trentaine de AHC et les cinq medi-clinics du pays. « Ils auront pour fonctions de donner leur carte aux patients, de distribuer les médicaments, et aussi de dispenser les soins aux patients », explique-t-il, déplorant « la façon de faire du ministre et du Senior Chief Executive du ministère de la Santé ». Le syndicaliste fait ressortir que cette décision – qui vise à décongestionner nos hôpitaux et qui est, sans doute, une bonne initiative – a été prise sans planification ni étude de faisabilité. « Nous ne sommes pas contre cette mesure mais nous déplorons le fait que les parties concernées n’ont pas été appelées à soumettre leurs opinions et propositions avant la prise d’une telle décision. Il s’agit d’une décision unilatérale nous imposant une nouvelle mesure sans consultation », dit Ram Nowzadick.
Ce, d’autant plus, dit-il, qu’une telle décision ramène à « une situation ridicule, révoltante et frustrante puisqu’elle impose aux infirmiers et infirmières des fonctions qui ne sont pas les leurs, et ce, sans qu’ils ne soient correctement rémunérés. » « On ne peut pas travailler 14 heures d’affilée et assurer toutes les fonctions, c’est impossible, surtout si on veut offrir un service de qualité aux patients », soutient-il, ajoutant que les infirmiers se sentent lésés car il n’y a pas de relève prévue pour assurer le service durant leur temps obligatoire de pause. « C’est de l’esclavage, de l’exploitation », dit le président du NCF, rappelant que le Health & Safety Act stipule que lorsqu’un employé doit travailler pendant plus de 8 heures, il a droit à un temps de repos de 2 heures et 15 minutes.
Des actions syndicales et légales envisagées
Après leur conférence de presse, vendredi matin, les représentants des syndicats ont finalement obtenu une rencontre avec les cadres du ministère de tutelle  dans l’après-midi pour exposer leurs propositions. Lesquelles sont: 1) placer deux infirmiers et deux infirmières dans chaque AHC et medi-clinics, pour leur permettre de prendre leur temps de repos et leur pause repas à tour de rôle, 2) placer un pharmacien et une personne à l’administration, 3) assurer la sécurité des centres de santé par une présence policière, et 4) fournir les facilités nécessaires telles que des réfectoires, des vestiaires et une salle de repos. « Les officiers nous ont assuré qu’ils considèreront nos propositions positivement », dit Ram Mowsadick.
Cependant, le syndicat, s’il assure que ses membres collaboreront, laisse entendre qu’il donnera un mot d’ordre demain à la lumière d’une lettre officielle que le ministère doit lui faire parvenir. « Si d’ici lundi, nous n’avons pas la garantie par écrit que nous obtiendrons satisfaction, je donnerai un mot d’ordre aux infirmiers pour la marche à suivre », dit le président du NCF. S’il n’obtient pas satisfaction, le syndicat envisagerait de prendre des mesures syndicales, à commencer par une manifestation pacifique devant les bureaux du ministère, et enchaînerait avec des actions légales.