Le ministère de l’Éducation a décidé de garder les écoles ouvertes en dépit de la mise en garde de la Météo sur les risques de pluies et d’orages pour aujourd’hui. Ce qui a provoqué la colère des parents, inquiets devant la subite détérioration du temps. De leur côté, recteurs et maîtres d’école sont d’avis que le ministère cherche à « se dédouaner » de toute responsabilité en leur laissant le choix de fermer ou non leur établissement.
La SSS de Sebastopol et Manilall Doctor (Lallmatie) ont été contraintes de renvoyer leurs élèves peu avant midi. Le Queen Elizabeth College (QEC), lui, a décidé de faire venir les bus scolaires plus tôt. Le Lycée Labourdonnais a informé les parents qu’ils pouvaient venir récupérer leurs enfants à partir de midi… Et ce n’est là qu’un aperçu de la panique provoquée par les fortes averses de ce matin dans les institutions scolaires, y compris secondaires.
La situation s’est subitement détériorée peu après neuf heures ce matin avec les fortes précipitations s’abattant sur l’ensemble de l’île. Inquiets, les parents ont téléphoné dans les salles de rédaction de la presse écrite ainsi qu’aux radios pour s’enquérir de la décision du ministère de l’Éducation. Il revenait cependant à chaque chef d’établissement la responsabilité de fermer leur école ou non. Le responsable de communication du ministère explique : « Depuis 2008, il y a un protocole en place pour gérer ce genre de cas. Chaque maître d’école ou recteur est habilité à prendre une décision en fonction de la situation prévalant dans son école ou collège. Il doit toutefois consulter la station de police de la région et informer le ministère de sa décision. »
Cette position du ministère a toutefois provoqué le mécontentement des maîtres d’écoles et recteurs. « Il est inadmissible de demander aux maîtres d’école de prendre une telle décision. Le ministère doit assumer ses responsabilités », s’insurge Jaganarden Sunassee, président de la Mauritius Head Teachers Association (MHTA).
Ce dernier fait ressortir que la Météo avait émis un communiqué pour prévenir de la situation depuis hier. « Le ministère aurait dû être en contact avec les services météorologiques et prendre ensuite une décision et non pas nous demander de le faire maintenant. »
Même réaction au niveau des collèges, où, rappelle Ravin Ramjee, les élèves viennent de régions différentes. « On nous demande de prendre une décision. Nous connaissons la situation dans notre région, mais ne savons pas ce qui se passe ailleurs. Qu’est-ce que nous faisons si nous laissons un enfant quitter Beau-Bassin pour Flacq et que, là-bas, celui-ci se retrouve en difficultés ? » se demande le président de l’Union des recteurs.
Les responsables des écoles et collèges sont d’avis que le ministère a voulu se « dédouaner » de toute responsabilité en cas de problème, en leur laissant ce choix difficile. « C’est une pression sur nos épaules. Nous ne savons que faire. »
Du côté des parents, c’est aussi la colère et l’incompréhension. Jeanine, mère de famille, a ainsi dû quitter son bureau à la hâte pour aller récupérer sa fille dans un collège des Plaines-Wilhems. « Ma fille m’a téléphoné pour me dire qu’on avait donné la permission aux enfants de partir et que beaucoup de parents étaient déjà venus récupérer leurs enfants. Je ne pouvais pas prendre le risque de la laisser seule à l’école. Le ministère aurait dû fermer les écoles car, depuis hier, la Météo avait prévenu de la situation. »