Dans les milieux scolaires il y a un grand sentiment de colère à l’égard du ministère de l’Éducation, qui n’a pas été capable « de prendre une décision claire » concernant la journée d’école de ce lundi après les pluies abondantes d’hier qui ont provoqué des dégâts sérieux dans certaines régions de l’île et qui devraient continuer aujourd’hui.
« En une heure, le ministre donne deux déclarations différentes et ambiguës et qui ont provoqué la confusion. Le ministre est-il bien conseillé ? » s’interroge Moonsamy Sunassee, président de la Mauritius Head Teachers Association. Si au final les écoles sont restées ouvertes, elles n’ont pas fonctionné normalement. Presque toute l’île a entendu le ministre de l’Éducation dire à 6h00 ce matin sur les ondes des radios que c’était aux parents de décider s’il fallait envoyer leurs enfants ou non à l’école aujourd’hui après les avoir mis au courant des prévisions météorologiques. Le ministre demandait aux parents de prendre leur responsabilité dans ce choix en tenant compte de la région où ils habitent.
Mais une heure après, Vasant Bunwaree adopte une autre position. À 7h00 sur les ondes d’une radio privée, le ministre recommandait vivement aux parents de ne pas envoyer les enfants à l’école mais ajoutera que les écoles resteront ouvertes et que le personnel enseignant et non-enseignant sera en poste. Reste que, entre la première et la deuxième déclarations ministérielles, des enfants étaient déjà en route pour l’école, surtout ceux fréquentant les établissements secondaires. Mais le ministre ne précise pas lors de sa deuxième déclaration ce qu’il adviendra de ceux qui étaient déjà en route et ce qu’ils feraient durant la journée scolaire.
Pour leur part, des chefs d’établissements du primaire et des recteurs confient au Mauricien qu’ils appréhendaient déjà un cafouillage en entendant la deuxième déclaration du ministre. « On savait qu’il y aurait une grande confusion et une jolie pagaille après les déclarations contradictoires et floues du ministre. On a l’impression que le ministère a eu peur de prendre une décision claire et précise. Soit il y a l’école soit il n’y a pas », réagit Jacques Malié, recteur du collège St-Esprit. Il y avait ce matin seulement trois élèves présents dans cet établissement qui en compte un millier.
Si le personnel enseignant était bien présent à leur poste comme leur a recommandé le ministère de l’Éducation, les classes étaient en revanche vides. Toutefois dans certaines écoles primaires et secondaires à travers l’île, on a enregistré quelques présences mais dans la plupart des cas ces enfants sont retournés chez eux immédiatement après que l’établissement eut informé leurs parents de la situation.
« Il y a eu trois élèves chez moi ce matin et comme ils habitent à proximité de l’école ils sont retournés chez eux immédiatement », dit un Head Teacher d’une école de l’ouest. À Notre Dame de Bon Secours RCA à Port-Louis, on pouvait compter une trentaine d’enfants encore présents à l’heure de la récré aujourd’hui. « Si les parents viennent les chercher on les laisse partir ; au cas contraire ils resteront jusqu’à la fin de la journée. Ils n’ont pas perdu leur temps à l’école, on les a regroupés pour un travail de révision », explique un enseignant en fin de matinée.
Pour la Mauritius Head Masters Association, qui regroupe les chefs des écoles du gouvernement, cette indécision de Vasant Bunwaree à fermer l’école ou non « reflète l’incapacité des cadres et des conseillers du ministère à prendre des décisions dans des situations d’urgence ». « Les conseillers dans les ministères sont là pour éclairer et conseiller les ministres par rapport à tel ou tel problème ou pour la mise en application de tel ou tel projet. En moins d’une semaine dans deux situations bien précises le ministre Bunwaree n’a pas pu prendre des décisions à temps, c’est-à-dire avant que les enfants ne quittent leur maison pour l’école. Y a-t-il concertations et discussions entre les cadres et les conseillers du ministère de l’Éducation avant d’agir ? C’est dans l’intérêt des parents et des élèves que nous nous posons cette question », dit le président de la Mauritius Head Masters Association.
Cette journée “non-teaching” a permis aux chefs d’établissements du primaire et du secondaire de tenir des réunions de travail avec leur personnel enseignant. « Nous avons profité de cette journée pour passer en revue l’agenda des activités de cette année et établir un calendrier pour le rattrapage des journées perdues », dit un recteur de la capitale.