Le président français François Hollande a officiellement ouvert la 7e édition des Jeux de la Francophonie samedi soir à Nice, dans le sud-est de la France, en présence de dirigeants étrangers mais en l’absence de sportifs de plusieurs pays d’Afrique, en proie à l’instabilité et aux violences.
En dépit d’un contexte international particulièrement chargé avec la crise en Syrie, le président Hollande était entouré de deux chefs d’État africains, l’Ivoirien Alassane Ouattara et le Sénégalais Macky Sall, du président libanais Michel Sleimane et de plusieurs chefs de gouvernement.
La francophonie, « ce sont des valeurs, la liberté d’abord, et aujourd’hui même je n’oublie pas les populations francophones dont les libertés fondamentales sont bafouées et dont la sécurité est menacée », a déclaré le président français.
« Hier, c’était le Mali, aujourd’hui ça peut être la Centrafrique ou la République démocratique du Congo. Partout où un pays francophone voit ses droits bafoués, nous devons, nous les francophones, être les premiers à venir leur apporter notre solidarité et notre concours », a-t-il ajouté.
La présence de 3 000 jeunes francophones venus des cinq continents constitue néanmoins « un formidable message d’espoir (…) alors que le monde est en proie à des déchirements, à des disparités énormes notamment entre le Nord et le Sud et même à l’intérieur de chacun de nos pays », avait souligné le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, à quelques heures de l’ouverture officielle des Jeux. « Vous avez raison de vous indigner » face aux « conflits meurtriers (…) et à la crise économique » qui secouent le monde, a-t-il encore dit dans son allocution.
La cérémonie d’ouverture, qui se tenait sur la place Masséna, en plein coeur de la ville et à deux pas de la promenade des Anglais, avait été précédée d’entretiens entre le chef de l’État français et ses homologues ivoirien, sénégalais et libanais.
Le défilé des délégations avait débuté par les porte-drapeaux de la Francophonie, les Français Camille Muffat (nageuse triple championne olympique) et Lionel Bringuier (chef d’orchestre), originaires de la ville de Nice.
Après les allocutions officielles, l’hymne des Jeux a retenti avant qu’un jeune footballeur niçois et un juge de RD Congo ne prêtent serment au nom de tous les participants.
Une longue Marseillaise interprétée notamment par la soprano Elise Vidal a donné le coup d’envoi de plus d’une heure de spectacle, mêlant chanteurs (Patricia Kaas, Isabelle Boulay, Manu Dibango, Grand Corps Malade notamment), danses et intermèdes pyrotechniques.
Au menu des Jeux, côté sportif : athlétisme et handi-athlétisme, basket-ball féminin, football masculin, judo, lutte libre, lutte africaine, tennis de table et cyclisme sur route en démonstration.
Arts de la rue (hip-hop, marionnettes géantes, jonglerie), arts visuels (peinture, sculpture), chanson, conte, danse de création, littérature et photographie sont les disciplines artistiques qui ont été retenues. Un concours de création audiovisuelle aura également lieu. Et pour la première fois se tiendra un concours de « création écologique et développement durable.»