Selon la Confédération Travayer Sekter Privé, les ouvriers bangladais, dans le secteur du textile, sont bien moins traités que leurs collègues chinois. Ils travailleraient et seraient logés dans des conditions nettement moins meilleures que les Chinois. Pourtant, peu de cas ont été rapportés aux autorités. A ce jour, Maurice compte 11 080 travailleurs du textile venus de Bangladesh. Cette main-d’oeuvre bon marché remplace peu à peu celle de Chine, le pays qui développe son économie à une vitesse grand V, retient ses petites mains. Jeudi dernier, le Health Office du ministère de la Santé a, lors d’une visite dans trois dortoirs d’une usine, constaté que celle-ci ne respectait pas le nombre d’ouvrières par dortoir et sera passible de sanctions pour avoir augmenté celui-ci. Pour la syndicaliste Jane Ragoo, les employeurs de ressortissants bangladais se permettent des écarts, car ces derniers ne sont pas syndiqués et donc vulnérables.
En début de cette semaine, la Confédération Travayer Sekter Privé (CTSP) a déposé le dossier de deux Bangladaises, employées d’une usine de textile des Plaines-Wilhems, au bureau du ministère du Travail. Selon la CTSP, l’une des jeunes femmes souhaite regagner son pays le plus rapidement. Elle aurait été victime d’abus verbal et d’agression par sa supérieure et refuse de travailler. Son employeur n’aurait pas objecté à son départ, à condition, selon le syndicat « qu’elle paye son billet « . L’autre est arrivée à Maurice, il y a un mois, avec un bras fracturé. Recrutée, comme ses collègues, à Dhaka pour travailler comme cuisinière à l’usine, la jeune femme, a été conduite à l’hôpital dès son arrivée. Depuis, son bras gauche est plâtré et elle ne peut travailler, mais souhaiterait rester à Maurice pour honorer son contrat. « Cela fait un mois qu’elle ne travaille pas et elle n’a pas perçu son salaire. L’usine voulait la renvoyer », explique Jane Ragoo de la CTSP. Selon les informations qui sont parvenues à son bureau, lorsque la Bangladaise ne se rend pas à l’usine, elle est privée de nourriture, les repas, petit déjeuner, déjeuner et dîner, étant servis à la cantine. Ce que confirment d’autres employées bangladaises que nous avons rencontrées. « Quand on tombe malade et qu’on ne peut travailler, on reste au dortoir, personne ne nous apporte à manger. On doit compter sur les filles pour nous ramener de quoi se nourrir », se plaint une jeune femme recrutée à Dhaka. Pour la CTSP, les cas qui lui sont parvenus présentent des éléments qui méritent l’intervention des autorités, notamment le ministère du Travail. Par ailleurs, avec les deux récents cas qui lui ont été rapportés, la confédération a, depuis août dernier, référé au total cinq cas d’ouvrières bangladaises toutes employées par la même usine au ministère concerné.
De son côté, l’usine, qui nous a ouvert ses portes mercredi dernier, de même que celles de son dortoir, récuse tous les reproches, infondés, dit-elle, qui lui sont attribués. « En croyant que nos employées sont victimes d’injustice, des personnes font appel aux syndicats, mais elles ne se rendent pas compte qu’au final, elles ne leur rendent pas service. Nous accordons un traitement humain à tous nos employés, qu’ils soient Bangladais, Chinois ou Malgaches », affirme le directeur de l’usine en présence de son directeur des ressources humaines.