Le 31 août, le monde observe l’International Overdose Awareness Day. Cindy Trevedy, Team Leader et Pair Educator chez l’association Ailes, qui lutte contre la transmission du VIH à Maurice, lève le voile sur l’importance vitale de sensibiliser les consciences quant à la question d’overdose.

Pour cette jeune femme de terrain, c’est un fait : la communauté importante d’usagers d’opiacés (dérivés de l’héroïne) ne cesse de s’agrandir à Maurice. Il est donc primordial, dit-elle, de reconnaître les signes d’une overdose.

« Il faut prendre en compte que c’est l’enfant d’un parent, un membre d’une famille ».

Plusieurs cas de figure peuvent mener un usager de drogue à une overdose, comme la pureté d’un produit. « En administrant les premiers soins et en ayant les bons réflexes, on arrive à sauver des vies humaines », relève Cindy, qui nuance que d’importants progrès sont encore à faire dans ce milieu.

Avoir un réflexe spontané peut se révéler fatidique. « Lorsqu’une personne fait une overdose, il ne faut pas lui donner à boire, ou encore lui offrir du lait. La personne peut s’étouffer et mourir. Il faut la mettre dans une “recovery position” pour éviter qu’elle suffoque, et appeler les secours ». 

Naloxone.

De plus, Cindy propose de rendre plus accessible la Naloxone, un médicament utilisé pour stopper l’effet des opioïdes surtout en cas d’overdose. Elle suggère que le produit soit mis à la disposition des usagers de drogues et de leurs proches. De même que ceux sortants de prison ou en cure de sevrage, en raison de leur baisse de tolérance aux opiacés et des risques de rechute.

« Il faut pouvoir expliquer aux personnes concernées comment la Naloxone peut être administrée facilement dans un muscle. Toutefois, le plus gros problème à Maurice, c’est que ce produit est uniquement accessible à l’hôpital ».

La Naloxone est vendue sous le nom de Narcan

C’est d’ailleurs dans ce sens qu’elle lance un appel au gouvernement afin que ce produit soit mis à la disposition des ONG également. « Notre rôle ce n’est pas de demander à la personne d’arrêter, c’est un choix », souligne-t-elle.

Cindy Trevedy propose aux autorités de former des intervenants de terrain à la reconnaissance des signes d’une overdose et à l’utilisation de la Naloxone. Ces derniers formeront à leur tour les usagers tout en leur remettant un kit de Naloxone. Pour l’heure sur le terrain, « nous expliquons aux personnes comment prévenir une overdose ».

Dans la foulée, elle n’hésite pas également à faire ressortir qu’avec des autorités mauriciennes, « c’est un dialogue de sourd qui dure depuis de nombreuses années ». Il faut, selon elle, un échange et un travail de concert en continue entre le gouvernement et les ONG.

Cindy plaide notamment pour une révision des lois qui touchent aux usagers de drogue.

« Certaines fois, la personne qui a assisté l’usager de drogue a peur d’emmener cette dernière à l’hôpital en cas d’overdose, vu que ces produits sont criminalisés ».

Et d’ajouter: « Une personne qui utilise la drogue n’a-t-elle pas des droits ? il faut que les choses bougent! »

L’association Ailes a pour mission de réduire la transmission du VIH à Maurice à travers des actions et des stratégies de réduction des risques, de soutien et d’accompagnement chez les usagers de drogues et leur familles, dans le but de réduire le nombre décès lié à l’overdose. L’association dispense également des causeries et formations aux familles, proches ou personnes intéressées sur le sujet.