La messe à l’intention des gens de la mer a été dite hier en l’Église Saint Benoît à Tamarin. Le service religieux a débuté à 9 h par la bénédiction des pirogues des pêcheurs sur la rive de la baie de Tamarin par le père Jacques-Henri David, aumônier de l’Apostolat diocésain de la mer. Un dépôt de gerbes sur la croix de mission de la paroisse en hommage aux personnes disparues en mer a aussi eu lieu.
Plusieurs personnalités politiques, le président du conseil du village de Tamarin, des officiers du ministère de la Pêche, des pêcheurs, entre autres, ont assisté à cette messe, qu’organise annuellement le diocèse de Port-Louis, et connue comme la « Journée internationale de la prière pour les gens de la mer ». C’est le père Heriberto Cabrera, un Chilien, qui a prononcé l’homélie axée sur la difficulté que rencontrent les gens de la mer dans l’exercice de leurs métiers. Il a rappelé l’exigence de ce travail, qui « use leurs corps » et qu’ils font pour nourrir leurs familles. Il a aussi évoqué l’éloignement avec leurs proches, occasionnant des déchirements, absences, fatigues. « Ce style de vie n’est pas toujours propice à une vie familiale et pour certains aussi à la fidélité matrimoniale. Travailler sans autre horaire que celui des marées et au gré du temps est la raison pour laquelle ce métier inspire le respect et l’admiration. »
Le père Cabrera a aussi rappelé que cette année Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis, a parlé de l’écologie pendant le carême des catholiques. Un thème qui est cher au pays, surtout avec la dégradation des lagons du pays, situation confirmée par les pêcheurs eux-mêmes car il y a de moins en moins de poissons. Il a lancé une invitation à tous les Mauriciens à respecter la nature et la vie marine car « c’est aux hommes que revient cette responsabilité de tout faire pour que cesse cette pollution, qui contamine un bien qui est commun et qu’on doit laisser en héritage aux générations futures ».
Le prêtre chilien a aussi demandé aux autorités de faire respecter les lois puisque « l’impunité est un fléau contre lequel on doit lutter ». La liturgie du jour faisait allusion à l’enseignement que « le fils de Dieu » a donné à ses disciples dans une barque des pêcheurs. Il a rappelé que c’était un pêcheur du village de Capharnaum en Galilée que Jésus-Christ avait invité à suivre et dont il a changé le nom de Simon en celui de Pierre ; il sera par la suite reconnu par les catholiques comme le premier pape à Rome.
Poursuivant son homélie, le père Cabrera a encouragé les pêcheurs à suivre les pas du « fils de Dieu ». « Certes, il faut travailler pour vivre, mais il ne faut jamais vivre pour travailler ; que les soucis d’argent, de réussite dans la carrière professionnelle n’étouffent pas l’appel lancé par le Christ à venir à sa rencontre. Le métier de la mer n’est pas seulement un gagne-pain, mais aussi une voie pour rencontrer Dieu. »
Pour le père Jacques Henri David de l’Apostolat diocésain, cette célébration du Dimanche de la mer offre l’opportunité de rappeler « combien est indispensable le service assuré par les gens de la mer, qui transporte 90 % du commerce global ». Il a souligné que l’Apostolat de la Mer existe depuis 1920 et a la mission de « promouvoir le ministère pastoral spécifique auprès des gens de la mer ». Cet organisme est à la disposition des gouvernements, des Organisations internationales et des compagnies armatrices et des syndicats. Son objectif : soulager les souffrances des marins séquestrés et apporter aux familles un soutien spirituel et psychologique. Les portes des Centres Stella Maris accueillent les familles des marins victimes des pirates pour leur donner réconfort et assistance.
L’Apostolat de la mer a aussi lancé un appel à tous les gouvernements à adopter dans les meilleurs délais la Convention du Bureau international du Travail (ILO) sur le travail des marins (MLC) 2006 et à favoriser son entrée en vigueur.