Le bateau de pêche Hwa Shan N° 302 est ancré dans la rade de Port-Louis avec à son bord un équipage d’une soixantaine d’asiatiques sans salaires depuis 14 mois. Parmi, des Philippins auraient été recrutés par une agence singapourienne contre une somme jugée « exorbitante ». La Filipino Sailors Workers Welfare Association en collaboration avec le Mouvement national mauricien a pris contact avec les autorités singapouriennes et réclame une enquête internationale.
L’équipage du navire taïwanais Hwa Shan N° 302 a passé plus de six mois en haute mer et a travaillé plus de 14 mois pour le compte du propriétaire du bateau de pêche. Le ship crew est notamment composé de Taïwanais et de Chinois. Les Philippins à bord du navire auraient été recrutés par une agence singapourienne contre une somme jugée « exorbitante ». Mais l’équipage n’aurait pas perçu de salaires depuis 14 mois. Les marins philippins travaillant sur le navire taïwanais Hwa Shan N° 302 ont pris contact avec la Filipino Sailors Workers Welfare Association (FSWWA) pour sortir de la crise.
Dans un premier temps, Serge Antoine, vice-chairman de la FSWWA et leader du Mouvement national mauricien (MNM), a engagé des discussions avec le capitaine taïwanais du navire. Mais les négociations entre les deux parties n’ont abouti à rien. Une manifestation était prévue hier à 11 heures devant le Hwa Shan N° 302 ancrée dans la rade de Port-Louis en vue de reprendre les négociations avec le capitaine du bateau de pêche. Mais la Mauritius Ports Authority n’a pas agréé à leur demande d’organiser un « public gathering ».
Un agent taïwanais en communication avec la compagnie de recrutement au Singapour a proposé à la FSWWA de finaliser les formalités pour les passeports et billets d’avion pour que les Philippins touchent leurs salaires à Singapour. Ce qu’a formellement rejeté l’association, qui qualifie de « bluff » la proposition. Elle a décidé de contacter les autorités singapouriennes pour réclamer une enquête internationale sur le dossier.
Dans un courrier électronique adressé au président singapourien S.R. Nathan hier soir, Serge Antoine dénonce : « We have many agencies who promised jobs as sailors to Filipinos and when they embarked they have signed a contract which are not being respected along the way while they are still working. We have met many of them in Mauritius who have not received salaries for more than 14 months and are waiting, some agencies have declared bankruptcy in order not to pay these persons. I am sending you crucial information so that you can ask a proper investigation for the image of your country which is being biased ».
Dans une déclaration téléphonique au Mauricien ce matin, en attendant une réponse des autorités singapouriennes, le vice-chairman de la FSWWA soutient que « nous sommes déçus que le Singapour, qui est un exemple de l’anticorruption, tolère cette situation. Il est clair que les asiatiques sont exploités ». Aux dernières nouvelles, les Philippins, qui ont dénoncé cette pratique, auraient été expulsés du navire taïwanais Hwa Shan N° 302, selon Serge Antoine.