Le navire thaïlandais FV Ruang Lap N° 8, bateau de pêche thaïlandais arraisonné dans les eaux territoriales mauriciennes alors qu’il s’adonnait à la pêche illégale, est arrivé à Port-Louis dans la journée d’hier, escorté par le navire Indien l’INS Shardul, ainsi que le CGS Guardian. Les membres de la presse ont pu suivre une partie de l’opération d’escorte du FV Ruang Lap N° 8 à bord du CGS Observer, parti à la rencontre du cortège à une distance de six milles nautiques de Port-Louis, hier matin. Des membres faisant partie des commandos de la Special Mobile Force (SMF) et de la National Coast Guard (NCG) avaient déjà pris possession du navire et surveillaient de près l’équipage du bateau. A leur arrivée dans le port, la police, ainsi qu’un interprète officiel, Vincent Tin, sont montés à bord du bateau thaïlandais, ainsi qu’une ressortissante mauricienne ayant vécu pendant douze ans en Thaïlande. C’est grâce à son aide qu’un certain nombre d’informations qui s’avèreront vitales à la suite de l’enquête policière ont pu être obtenues.
Selon les recoupements effectués par Week-End, il ressort que le capitaine du FV Ruang Lap N° 8, qui ne parle que le thaï, a affirmé ne pas savoir qu’il pêchait dans les eaux territoriales mauriciennes quand son bateau a été intercepté par l’INS Shardul. Pensant subir une attaque de pirates et ce après avoir vu des fusées éclairantes être tirées du navire indien, le capitaine du bateau thaïlandais devait prendre la décision d’éteindre tous ses feux et de tenter de prendre la fuite. Mais cette tentative s’est soldé par un échec : l’INS Shardul, unité de la marine indienne étant très aguerrie à ce genre de situation.
A bord du FV Ruang Lap N°8, la police mauricienne a comptabilisé 28 membres d’équipage, à savoir 24 Cambodgiens et 4 Thaïlandais. Aucun des membres d’équipage ne dispose d’un passeport. Seulement quatre d’entre eux — les Thaïlandais — sont détenteurs d’une carte d’identité. La police soupçonne les ressortissants cambodgiens d’avoir fui leur pays pour la Thaïlande, où ils devaient être recrutés comme pêcheurs par la suite. Le bateau ne disposait d’aucun permis de pêche dans les eaux territoriales mauriciennes, ni d’un document officiel des autorités de la pêche thaïlandaise.
Dans la cale du FV Ruang Lap N° 8, une certaine quantité de requins, d’ailerons de requins de toutes taille, des Sacré-Chien, du Thon et d’autres poissons considérés comme étant « toxiques » par les autorités mauriciennes ont été découvertes. Des préposés au département des Fisheries ont prélevé, hier, des échantillons de ces poissons soupçonnés d’être toxiques. Ceux-ci seront soumis à des analyses en laboratoire à partir de lundi. Tout le contenu de la cale du FV Ruang Lap N° 8 — qui se trouve actuellement à Trou-Fanfaron — sera pesé officiellement lundi et sera ensuite entreposé à l’Agricultural Marketing Board (AMB). En l’absence d’un interprète officiel de la police parlant la langue maternelle du capitaine thaïlandais, aucune déposition n’a pu être consignée auprès du capitaine. Pour cause, Vincent Tin parle le chinois et non le thaï. A hier soir, le capitaine se trouvait toujours à bord du bateau en compagnie des membres de son équipage.