Travailler le poisson salé, le bombli ou la morue pour en faire une recette à succès, fallait y penser ! Cette idée de Mike Webb, à la tête de sa compagnie English Bay Co. Ltd, est commercialisée sous la marque « P’tit-Salé ».
À Pointe-aux-Sables, dans l’usine de Mike Webb, flotte une odeur de poisson salé qui titille les narines. On nous prévient à l’avance que l’odeur risque de s’imprégner aux habits. Qu’importe, on est dans la salle où le produit, en l’occurrence le poisson salé, se pose en vedette.
Une fois nettoyé, bouilli et dessalé, le poisson salé est prêt à être empaqueté dans des logements de 50 grammes et de 80 g. Par ailleurs, le client a le choix entre le snoek frit ou bouilli. L’emballage du produit contient également une recette.
La qualité est le premier élément qui est prise en considération dans la préparation du poisson salé, indique Mike Webb. Le snoek, dit-il, est frit dans l’huile de soja. « La santé, c’est tout aussi primordial dans l’élaboration d’un met. »
Tout est partie d’une proposition simple de la part d’une grand-mère. « Le temps qu’elle prenait pour cuire un produit aussi basique que le poisson salé, elle m’a proposé de faire la recette et de la placer dans le commerce qu’elle gérait. Mais, le véritable déclic se fera en 2000, à la suite d’une expo au Freeport, où j’avais exposé le snoek. Un représentant de la banque mondiale m’a affirmé que c’était un produit potentiellement valable, étant donné qu’à Maurice, on consomme beaucoup de poisson salé. »
Ainsi, donner à un produit banal ses marques et repositionner un savoir-faire traditionnel dans un contexte moderne, c’est le pari que s’est lancé Mike Webb. Ce chef d’entreprise avait démarré dans l’hôtellerie. Il s’est par la suite installé à Rodrigues pour vendre du poisson frais, ignorant qu’il deviendrait un des entrepreneurs les plus en vues
Le nom de sa compagnie, English Bay, lui vient de Rodrigues. « Je voulais investir à Anse aux Anglais. Pour ce faire, j’achetais le poisson au comptant et je le revendais à crédit. Mais comme ce n’était pas rentable, je suis rentré à Maurice et j’ai ouvert une boutique des îles à Rose-Hill. C’est là que la grand-mère m’a donné l’idée de lancer le snoek déjà prêt à l’emploi… »