Responsable de l’enregistrement de tous les documents légaux, ce bureau avait été fermé jeudi de la semaine dernière pour l’installation du nouveau système électronique, le RGDS. Ce système norvégien, dont le choix avait été ratifié par le président de l’Association des notaires, était sensé simplifier et rendre plus rapides les opérations d’enregistrement d’un document légal. Auparavant, les opérations étaient effectuées de manière semi-manuelle en utilisant le système LAVIMS. Le document enquestion était scanné, le montant de la taxe calculé et le paiement était effectué le lendemain. Avec le nouveau système, les opérations étaient censées se faire beaucoup plus vite, selon une méthode plus moderne, ce qui allait faciliter la tâche de ceux qui utilisent ce bureau: les notaires, les banques, les arpenteurs, entre autres. Mais dès la mise en service du nouveau système, vendredi de la semaine dernière, les responsables se sont rendu compte qu’il ne fonctionnait pas. Du coup, le bureau a fermé toute la journée afin que le système soit verifié et les fautes corrigées. Il semble que les vérifications n’aient pas été correctement faites pendant le dernier week-end puisque, dès lundi, la pagaille a commencé à régner au bureau de l’enregistrement. Lescodes du système ne sont pas paramétrés correctement, les opérations se font plus lentement et les risques d’erreurs se sont multipliés. Les employés des études notariales et ceux des banques chargés d’effectuer plusieurs dizaines d’opérations par jour nesavaient où donner de la tête avec un système qui confond les noms des clients et leurs documents. Ils étaient d’autant plus mécontents que, selon la loi, ils ont un délai précis pour faire enregistrer leurs transactions, faute de quoi ils doivent payer une amende. La pagaille a duré toute la semaine au point où des représentations ont été faites aux autorités. Les utilisateurs réguliers du bureau de l’enregistrement souhaitaient que la semaine qui commençait lundi serait plus calme et que le nouveau système servirait à sa mission première: moderniser et accélerer les opérations. 
«A ticking time bomb which needs your urgent and immediate attention»
Mais lundi dernier, les utilisateurs du bureau de l’enregistrement ont découvert que rien n’avait été fait et que la pagaille ne faisait qu’augmenter. En dépit de plusieurs représentations pour que le système soit correctement paramétré par les informaticiens norvégiens qui l’ont installé et qui sont encore à Maurice, rien n’a été fait. Exaspérés, les clercs de notaires, d’avoués, d’arpenteurs et d’institutions bancaires ont signé une pétition adressée au Registrar, jeudi dernier. Dans cette pétition, ils affirment que le nouveau système a de nombreux ratés qui retardent et compliquent leur travail. Les pétitionnaires écrivent : «The drawbacks, inaccuracies and incomplete information probably due to a lack of synchronisation between the old and new systems are also putting lawyers, notaries and land surveyors at risk of liability and damages for professional negligence by clients and lenders.»Ils donnent force détails des«drawbacks, inaccuracies and incomplete information» du système informatique en 19 points argumentés. Pour conclure, ils demandent que l’ancien système continue à être utilisé alors que les corrections et paramétrages nécessaires soient appliqués au nouveau. Les pétitionnaires demandent une réunion d’urgence des représentants du bureau de l’enregistrement et des utilisateurs pour trouver une solution au nouveau système informatique qui est «a ticking time bomb which needs your urgent and immediate attention».
Envoyée au Registrar — avec copie au PS du ministère des Finances, au Master de la Cour suprême et au ministre de la Justice — jeudi après-midi, la pétition n’a suscité aucune réaction. Selonnos informations, elle ne risque pas d’en susciter davantage la semaine prochaine dans la mesure où la Registrar General devrait être en «vacation leave» pour un mois à partir de lundi.