Depuis 6 heures ce matin, des sapeurs-pompiers venant des quatre casernes de l’île, soit celles de Coromandel, de Port-Louis, de Quatre-Bornes et de Curepipe, luttent pour circonscrire un violent incendie qui s’est déclaré dans les stores de l’Univers M à Pailles, consacrés à l’emmagasinage des pneus de la marque Michelin et des équipements. À la mi-journée, deux équipes de pompiers étaient encore à pied d’oeuvre sur les lieux du sinistre en vue de complètement maîtriser la situation.
Dans un premier temps, le préjudice causé avait été évalué à environ Rs 30 millions mais en fin de matinée après un premier constat élaboré des dégâts, les estimations ont été révisées à la hausse. « Jusqu’à facilement Rs 100 millions. Tout est parti en fumée que ce soit le stock de pneus aussi bien que les équipements de l’atelier », indiquent des sources autorisées sur les lieux.
Les informations recueillies sur les lieux indiquent que l’alerte à l’incendie dans les stores de l’Univers M dans la zone industrielle de Pailles avait été donnée peu avant 6 heures. Mais en début de matinée à voir les volutes de fumée noire s’échappant du bâtiment abritant les opérations du représentant de Michelin à Maurice et visibles à des kilomètres à la ronde, il était évident que le feu a dû prendre aux petites heures du matin, si ce n’est dans la nuit d’hier à ce matin.
Dans le courant de la matinée, les pompiers sous la responsabilité du Divisional Fire Officer, Dorsamy Ayacooty, étaient parvenus à endiguer les flammes pour éviter tout effet de propagation dans les autres bâtiments des alentours. Selon des témoignages recueillis sur place, l’incendie a éclaté dans l’entrepôt et l’atelier mécanique du revendeur des pneus Michelin. Compte tenu de la nature inflammable des produits en stock, les flammes devaient se propager très rapidement dans les autres compartiments du bâtiment de l’Univers M, dont le département administratif et le point de vente.
« L’agent de sécurité devait m’informer aux alentours de 5 h 55 d’un début d’incendie dans nos locaux. Très vite, il devait établir des contacts avec les services de pompiers et le Central Electricity Board qui sont intervenus dans les meilleurs délais », fait ressortir Bruno Goder, un des responsables de la société, qui indiquait dans un premier temps qu’il était encore trop tôt ce matin pour une première estimation des dégâts.
Devant l’ampleur de l’incendie, les premiers pompiers de Coromandel arrivant sur les lieux devaient solliciter du renfort auprès d’autres casernes. L’un des objectifs des soldats du feu, provenant de quatre casernes de l’île, était d’éviter toute propagation des flammes sur le bâtiment de la compagnie Sirud Ltd se trouvant à quelques mètres seulement des lieux du sinistre. Ainsi, l’on devait craindre le pire compte tenu que la société, qui est engagée dans la fabrication de détergents entre autres, avait un important stock de produits hautement inflammables.
Ce n’est qu’après trois heures que les hommes du Divisional Fire Officer, Dorsamy Ayacooty, sont parvenus à prendre complètement le contrôle de la situation. Dans un premier temps, ils ont eu à enfoncer la porte d’entrée pour accéder au bâtiment en proie aux flammes. Une fois cette étape franchie, les pompiers devaient s’attaquer aux foyers d’incendie.
Devant l’ampleur de l’incendie, les responsables sur le terrain devaient solliciter l’aide du Swami Vivekananda International Convention Centre (SVICC) pour s’approvisionner en eau pour combattre le feu. Avec les sapeurs-pompiers toujours sur les lieux en fin de matinée, des éléments de la Scene Of Crime Office et les experts du Forensic Science Laboratory ont débarqué en vue d’effectuer des prélèvements d’indices susceptibles d’établir la cause et les circonstances exactes de ce grave incendie. Cette enquête policière menée avec le concours de la Criminal Investigation Division, devra également déterminer si l’incendie relève d’un acte criminel ou d’un simple accident.
Dans la matinée, Bruno Goder a réuni d’urgence les membres du personnel de l’Univers M pour un rapide survol de la situation et les rassurer. « Il va falloir tout recommencer », devait-il laisser échapper alors que la fumée a perdu de son intensité permettant de mieux mesurer l’envergure des dégâts à l’intérieur des dépôts avec des pneus calcinés.