Les prochaines élections doivent être perçues comme un référendum sur l’unité nationale, a déclaré hier soir le leader du PTr lors d’un meeting nocturne organisé à Pailles dans la circonscription N° 1 (Port-Louis Ouest/GRNO). Navin Ramgoolam a soutenu que « la vraie raison du ralliement entre les deux plus gros partis politiques, c’est d’assurer l’unité de la population ».
« Pendant 17 ans, Paul Bérenger et moi nous nous sommes combattus en tant qu’adversaires politiques, mais cela s’est fait dans le respect mutuel. Notre amitié est restée intacte », a soutenu le leader du PTr. Faisant référence aux différentes consultations populaires depuis 1968, le Premier ministre a déclaré qu’une grosse partie de la population se retrouvait toujours dans l’opposition. « De nombreuses fois, le pourcentage de la population ayant voté pour l’opposition dépassait les 40 % et le peuple était à chaque fois divisé ». L’objectif de l’alliance PTr/MMM serait donc « d’amener l’unité, contrairement à l’adversaire qui symbolise la division ». Pour lui, « l’Alliance Lepep ne peut critiquer le regroupement des rouges et des mauves, car dans le passé le MSM a également fait alliance avec le MMM ». Il ajoute : « Kan Bérenger ar twa li bon, me kan li ar Navin li pa bon ? »
Le leader du PTr ne s’est pas attardé sur son programme gouvernemental, mais a surtout fait ressortir qu’il fallait pouvoir créer de la richesse avant de la distribuer. « Maurice doit pouvoir manoeuvrer dans un contexte économique global marqué par la récession, surtout dans les pays de la zone euro. Le chômage est en hausse en France et des gens ont perdu leurs logements. Comment voulez-vous qu’ils achètent nos produits alors qu’ils n’ont pas les moyens financiers pour le faire ? Nous voulons créer entre 60 000 et 75 000 emplois durant les cinq prochaines années et devons nous donner les moyens adéquats pour le faire. Nous devons créer de nouveaux piliers de développement ».
Faisant état de l’exploitation des ressources marines, le Premier ministre est d’avis que Maurice dispose d’une zone économique exclusive très importante et a évoqué des perspectives de développement de l’économie océanique. Il a une fois plus égratigné le leader de l’Alliance Lepep, sir Anerood Jugnauth, qualifié « d’homme du passé qui symbolise la division ». Revenant sur des « remarques désobligeantes » faites à l’encontre des différentes communautés du pays par SAJ, il a refait allusion à une anecdote ayant trait à Kader Bhayat et Gaëtan Duval. Le leader du PTr a également critiqué Vishnu Lutchmeenaraidoo, ministre des Finances désigné de l’Alliance Lepep, le qualifiant de « beau parleur ». L’affaire MedPoint a aussi été évoquée, Navin Ramgoolam laissant entendre que des tentatives avaient été faites pour empêcher l’ICAC d’aller de l’avant avec son enquête.
Le leader du MMM, Paul Bérenger, qui avait pris la parole plus tôt, a réaffirmé que les résultats des prochaines législatives étaient déjà connus « vu que les deux grands partis du pays ont décidé d’unir leurs forces ». Il s’est félicité du succès des récents rassemblements des femmes, des jeunes et des personnes âgées à Pailles et s’est réjoui du choix des candidats de l’alliance PTr/MMM, critiquant le camp adverse pour ses candidats « avec de mauvais antécédents ».
Paul Bérenger a évoqué les problèmes de distribution d’eau et d’électricité, la création de 60 000 à 75 000 emplois, et l’éducation et la formation comme les priorités d’un éventuel gouvernement PTr/MMM. Soutenant que la population ne devait pas « avoir peur du projet de IIe République », il a précisé que le système de partage de pouvoirs entre le Président et le Premier ministre est appliqué dans de nombreux pays. « Ne vous laissez pas berner par la propagande de nos adversaires », a-t-il ajouté.
Les trois candidats de l’alliance PTr/MMM dans la circonscription, Mireille Martin, Jean-Claude Barbier et Veda Baloomoody, se sont également adressés à l’assistance, mettant l’accent sur les mesures annoncées dans le programme gouvernemental.