Une véritable furie déchaînée ! Sunidhi Chauhan, en live, c’était deux heures de folie et de pur bonheur, tant pour les tympans que pour les mirettes… Et même si quelques larsens ont failli gâcher le show par moments, au bout du compte, la diva de Bollywood a gommé toute ombre pouvant assombrir l’ambiance électrique qui fusait hier soir au centre Swami Vivekananda, à Pailles, et ce dès le coup d’envoi tonitruant avec un “Dhoom Machale” survolté. SuperUnic Events a gagné son pari en invitant la Desi Girl, même si la salle n’était pas pleine comme un oeuf.
Sunidhi Chauhan n’est pas la “playback singer” classique, figée, statique et presque effacée, auquel Bollywood nous a souvent habitué. Et heureusement d’ailleurs ! Dès sa prestation sur l’esplanade de la mairie de Port-Louis, il y a quelques années, ses fans l’avaient déjà compris : avec Sunidhi, ça bouge, ça déménage ! La trentenaire, qui est entrée par la grande porte à Bollywood à tout juste 18 ans avec Ruki Ruki (Mast), est en pleine mutation…
Entrée en scène digne d’une star US, avec, en toile de fond, une vidéo géante où l’on devine la diva, bien qu’une cape dissimule ses formes et son regard. On se serait cru à un show de Beyonce. Et pour cause : Sunidhi Chauhan n’a pas grand-chose à envier aux artistes occidentaux. La jeune femme a été très gâtée par Dame Nature. Joli minois, belle plastique, arborant une tenue très rock, un jean qui faisait office de deuxième peau, un bustier en cuir dévoilant ses épaules fragiles et des boots pour sautiller d’un côté à l’autre de la scène… la chanteuse, toujours très souriante – et plus que débordante d’énergie –, a communié avec une salle d’abord assez timide.
Stormy Sunidhi ! Avec une entrée en matière à 2 000 volts, servi par des Dhoom machale (Dhoom) et Halkat Jaawani (Heroine) retravaillées pour l’occasion, et distillées par des musiciens très efficaces, la chanteuse a littéralement conquis ses fans. Sunidhi Chauhan, c’est un fait, est en passe de redéfinir les shows originaires de Bollywood. Soutenue en cela par une logistique digne de ce nom et encadrée par des techniciens et artistes de qualité, la jeune femme donne une nouvelle identité aux spectacles des “playback singers”, conférant enfin à ces artistes de l’ombre la place qu’ils méritent sous les feux des projos.
Autre atout qui distingue justement Sunidhi Chauhan des autres “playback singers” de Bollywood : son appropriation des morceaux qui l’ont rendue célèbre. En effet, à ce jour, seuls quelques jeunes loups de la scène bollywoodienne – nous pensons ici à Atif Aslam, précisément – ont réussi à se démarquer, et ce en offrant, lors de leurs prestations en live, des versions spécialement travaillées, rock ou à d’autres teintes – bluesy, jazzy, punjabi ou autres –, mais jamais une “carbon copy” de leurs tubes. Dans la même veine, Sunidhi Chauhan a offert hier soir une performance forte en sensations.
Qu’elle soit accompagnée au violon pour une intro spéciale d’Ishq Sufiana (The Dirty Picture) ou que les riffs donnent à croire que l’on assiste à un concert d’un groupe de rock pur et dur, pour des titres comme Sheila ki jaawani (Tees Maar Khan), Sunidhi Chauhan a prouvé qu’elle a tout d’une grande. Plus qu’une valeur sûre de la scène bollywoodienne, voire une grande dame en gestation qui n’aura pas à pâlir face aux Lata Mangeshkar ou Asha Bhonsle, les monstres sacrés de la musique indienne. D’ailleurs, avec un show aussi bien rôdé, il y a fort à parier que Sunidhi Chauhan peut carrément rivaliser avec nombre de ses pairs occidentaux. Et sur ce point, il faut croire que l’apport de Connecting Dots Entertainment, qui assure la gestion professionnelle de ses tournées mondiales, y est pour quelque chose…
Telle une tigresse, la bête de scène n’a pas arrêté de se trémousser et de donner de la voix pour plaire à son public. Celui-ci le lui a bien rendu d’ailleurs, en abandonnant les sièges pour venir danser avec elle, devant la scène. Il est cependant navrant qu’à un certain moment, le service de sécurité ait empêché ceux qui avaient des fourmis dans les jambes de communier avec la star, qui ne demandait que ça. Mais peut-être que si la configuration de la salle avait faire provision d’espace pour ceux souhaitant danser, cela n’aurait pas incommodé ceux se trouvant assis.
La Kamli girl (Dhoom 3) a clôturé son show très enlevé avec un Beedi Jalaile (Omkara) sulfureux, précédé par, entre autres, un Desi girl (Dostana) qui a mis le feu à la salle de même qu’un Gun gun guna re (Agneepath) enivrant. Les aficionados auraient certainement souhaité qu’elle ajoute à son répertoire Ruki ruki ou Udi (Guzarish), mais le concert aurait alors duré encore deux heures… Dotée d’une puissante voix, pouvant tutoyer les sommets, miss Chauhan a aussi bien prouvé qu’elle excelle dans les mélodies calmes, à l’instar de Bin tere (I hate luv storys) ou Te amo (Dum maro dum).
Avec presqu’une heure de retard, le concert de Sunidhi Chauhan a démarré sur des chapeaux de roues. Rakesh Maini, finaliste au concours Indian Idol 5, où Sunidhi Chauhan était l’un des membres du jury, a donné le ton avec quelques “cover”, dont l’incontournable, à en devenir monotone, Tum hi ho (Aashiqui 2) d’Arijit Singh.