Après les dénonciations publiques de la politique du gouvernement PTr / PMSD par le Président de la république à deux reprises cette semaine, la réception pour marquer le Pakistan National Day devait être la première occasion d’un face-à-face entre sir Anerood Jugnauth et Navin Ramgoolam depuis dimanche dernier. L’assistance présente à l’Islamic Cultural Centre hier en début de soirée a ainsi été témoin d’une scène confirmant la froideur des relations au plus haut sommet de l’État.
À son arrivée, le Président de la république s’était en effet mis à saluer les plus importantes personnalités présentes. Arrivant presque à la hauteur du Premier ministre, il lui a tendu la main, ce qui a donné lieu à un échange de poignée de mains des plus froides entre les deux hommes. Navin Ramgoolam, qui donnait l’impression de regarder ailleurs, devait presque sur le champ tourner le dos à sir Anerood Jugnauth pour engager une conversation avec une autre invitée, qui se tenait non loin de lui.
Cet instant devait jeter un véritable froid dans la salle de réception. Gardant son sang-froid, le Président de la république devait retourner sur ses pas pour reprendre ses marques. Dès lors, deux groupes bien distincts s’étaient formés, l’un autour de sir Anerood Jugnauth, où l’on pouvait apercevoir la présence de deux anciens Présidents de la république, en l’occurrence Cassam Uteem et Karl Offman, de même que le leader de l’opposition, et un autre autour Navin Ramgoolam, qui avait pour principaux interlocuteurs le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell et Azad Doomun, banquier international très proche du PMSD.
Pendant une bonne dizaine de minutes, les yeux de l’assistance allaient du côté du Président de la république, qui n’avait pu s’empêcher d’éclater de rires devant les commentaires des uns et des autres, ou encore de celui du Premier ministre. Très vite, l’ambiance devait être rattrapée par la lourdeur quand sir Anerood Jugnauth et Navin Ramgoolam furent invités sur l’estrade pour la partie protocolaire. Et à aucun moment, leurs regards ne se sont croisés. Les deux hommes, séparés par un mètre de distance, sont restés de marbre.
Mais au moment du départ, la chargée d’affaires du Pakistan, Rubina Aktar – qui assure la suppléance au poste d’ambassadeur –, devait réussir l’exploit de dégeler les relations entre les deux hommes. Ces derniers devaient afficher de larges sourires à la suite d’un commentaire partagé par la diplomate, mais dont la teneur n’était pas connue des autres invités présents dans la salle.