En marge de la Journée internationale de Solidarité avec le peuple palestinien, observée le 29 novembre, la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), le Sant Goomany et Lalit prévoient un festival de films sur la Palestine pour « dédiaboliser la solidarité avec le peuple palestinien », soit, pour bien préciser, que « nou pas pe menn enn lager relizion », affirme Reeaz Chuttoo, de la CTSP. C’était lors d’une conférence de presse au siège de Lalit, à Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO) hier.
Reeaz Chuttoo soutient que l’action entreprise par la confédération et ses partenaires n’est pas isolée. « Ailleurs, les organisations syndicales à laquelle est affiliée la CTSP, de même que d’autres Ong se sont jointes à ce mouvement de solidarité. Cependant, c’est une action ciblée : ce n’est pas une guerre de religions que nous menons, mais une guerre politique. Nous menons une guerre contre la colonisation de la Palestine par l’Israël », affirme Reeaz Chuttoo. Il est confiant que la solidarité exprimée par les pays et leurs populations apportera un changement, comme ce fut le cas en Afrique du Sud avec la mobilisation des peuples contre l’apartheid. Reeaz Chuttoo rappelle que les Israéliens sont nombreux à être contre cette situation. Il observe : « Le président de l’État de Palestine, Mahmoud Abbas, a changé de ton. Il semblait conciliant, maintenant, il est plus ferme dans son engagement. »
À son tour, tout en accueillant les relations diplomatiques que tisse le gouvernement avec l’autorité palestinienne, Alain Ahvee, de Lalit, avance : « Nous voulons que le gouvernement prenne des actions concrètes pour montrer la solidarité de Maurice envers ce peuple. » Il en énumère quelques-unes : l’ouverture d’un consulat palestinien à Maurice, que le GM réclame un embargo sur la vente des armes en Israël, « dont la plupart arrivent des Etats-Unis » et dans tout le moyen Orient.
Alain Ahvee note que les films qui seront diffusés exposent la réalité dans laquelle vivent les Palestiniens sous l’occupation et déplore les exactions d’Israël. Ce festival sert aussi, poursuit-il, à vulgariser la campagne internationale du mouvement BDS(Boycott désinvestissement et sanctions) qui prend de l’ampleur à travers le monde. Dans ce sillage, il souligne que BDS Mauritius mène une campagne de boycott contre les produits en provenance d’Israël. Au Mauricien, Alain Ahvee indique avoir sollicité le concours des importateurs et responsables de grandes surfaces.
L’intervenant, qui a lui même été en Palestine en 2004, souligne que la situation s’aggrave de jour en jour. « Nous ne sommes pas loin d’une troisième intifada. Il s’agit peut-être de la pire résistance des Palestiniens. » Il avance que la construction des murs est une « action masquée pour la confiscation des terres et des logements » des Palestiniens. « Tan ki pou ena inzistis ek kolonisasyon, pa pu ena lape», affirme-t-il.
Les trois films à l’affiche ce 31 octobre, et qui seront diffusés en collaboration avec le Film K-Lib et Muvman Liberasyon Fam, sont Arna’s Children, à 10 h au bâtiment de LPT, à GRNO; Jaffa, mécanique de l’orange, à 14 h au siège de la CTSP, derrière le marché de Rose-Hill, près de Jaman Fele; et 5 caméras brisées, à 20 h 15 au centre Dr Idrice Goomany, à Plaine-Verte. Le coup d’envoi de ce festival d’un jour sera donné par l’ancien président de la République Cassam Uteem à GRNO dans la matinée. Le public pourra ensuite participer aux débats. L’entrée pour les trois films est gratuite.
« Boycott, désinvestissement et sanctions » contre l’Israël
Le mouvement « Boycott, désinvestissement et sanctions » (BDS) est une campagne internationale appelant à exercer diverses pressions économiques, académiques, culturelles et politiques sur Israël afin d’aboutir à la réalisation de trois objectifs : la fin de l’occupation et de la colonisation des terres arabes, l’égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens.
Formellement lancée par 171 Ong le 9 juillet 2005, un an jour pour jour après l’avis de la Cour internationale de justice sur la barrière de séparation israélienne, la campagne BDS, qui se réfère explicitement aux campagnes de boycott ayant été conduites contre le régime d’apartheid d’Afrique du Sud, demande à exercer des pressions sur l’État hébreu jusqu’à ce que celui-ci se conforme au droit international et aux résolutions de l’Onu.