C’est la saison des pamplemousses, et rien de plus normal que d’en parler cette semaine. L’autre jour au marché, j’en ai vu de gros. Alors là, de très gros ! Intriguée par la taille du fruit, je me suis rapprochée de l’étal et j’ai commencé à poser une série de questions au marchand. J’sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression de l’avoir quelque peu dérangé. Bah ! J’suis curieuse, c’est tout. Mais il semblait plus intéressé à écouler ses gros fruits, tout en discutant avec son collègue, le marchand de cotomili.
Le marchand de pamplemousses m’a assuré que c’était des pomelos. “Pa panplemous sa, Miss. Sa variete-la apel sa pomlo”, m’a-t-il assuré, malgré mes explications pour lui dire que le nom vernaculaire de ce fruit est le pamplemousse. Et que lorsque l’écorce est de couleur verdâtre, le fruit est sans aucun doute le citrus maxima. Mais si l’écorce est mince et de couleur jaune, le fruit n’est autre que le résultat d’une hybridation. N’en démordant pas, le marchand de fruits m’a lancé avec assurance que je me trompais. Que ces gros fruits jaunes à côté des pamplemousses (et qu’il confondait avec des pomelos) étaient des… grape fruits.
J’voulais aussi connaître la provenance de ses pamplemousses, s’ils étaient bio ou d’agriculture raisonnée, et encore d’autres précisions. Mais le marchand s’impatientait. Lui : “Bon, ki ou pou pran la ?” Et moi : “Nanye.” En fait, j’ne voulais acheter ni pamplemousse ni pomelo.
Une fois le dos tourné, le marchand m’a interpellée. J’étais persuadée que c’était pour m’injurier. J’hésitais à retourner sur mes pas. Allez, j’suis brave. Ma surprise fut aussi grosse que les pamplemousses du marchand. Il m’a offert un pomelo, parce que c’était la première fois que l’on s’intéressait autant à ses fruits. Il s’appelle Krish.
De retour chez moi, j’ai fait honneur à son pomelo en préparant une marmelade.